Darneau Essia Ndong : « Le Gabon est un pays souverain »
Parmi les voix qui s’élèvent après cette annonce, celle de Darneau Essia Ndong résonne avec une force particulière. Candidat dont le dossier avait été rejeté par la commission électorale, il voit dans cette suspension une victoire de l’équité. Pour lui, il était impératif que l’État reprenne la main : « Je souhaite avant tout saluer, avec responsabilité et patriotisme, cette décision qui traduit la volonté claire des plus hautes autorités de notre pays de faire respecter l’État de droit ainsi que les valeurs fondamentales de notre République. »
L’ancien prétendant à la présidence ne mâche pas ses mots quant à la gestion passée de l’instance. Selon lui, cette intervention est le seul moyen de mettre fin à une dérive devenue trop visible. « Le sport, et en particulier le football, ne saurait être un espace d’exception où les règles sont contournées ou ignorées », martèle-t-il, avant d’ajouter : « C’est un signal fort adressé à l’ensemble des acteurs nationaux : le temps du désordre et des pratiques irrégulières doit définitivement appartenir au passé. »
Une intervention musclée mais nécessaire
Cette suspension s’appuie sur des griefs majeurs accumulés ces derniers mois. Le ministère pointe d’abord de graves irrégularités administratives, avec des ligues et associations votantes dépourvues de reconnaissance juridique. Le climat électoral était également verrouillé, Pierre-Alain Mounguengui se retrouvant seul candidat en lice après le rejet systématique des dossiers de tous ses adversaires par la commission électorale. Enfin, le naufrage des Panthères lors de la CAN 2025, marqué par une élimination avec zéro point au compteur, a fini de convaincre les autorités de la nécessité de « nettoyer » la gouvernance.
Darneau Essia Ndong soutient pleinement cette lecture : « Il est en effet devenu impossible de laisser perdurer une situation marquée par des irrégularités et une organisation fragilisée. À un moment donné, il faut savoir dire stop, afin de reconstruire sur des bases saines. » Face aux éventuelles critiques internationales, il rappelle fermement les prérogatives nationales : « Le Gabon est un pays souverain. À ce titre, il lui revient de veiller au respect de ses lois et à la bonne gouvernance de ses institutions. »
Vers une restructuration profonde
Le ministère impose désormais un calendrier de transition strict. Une opération « Papiers pour tous » va être lancée via un guichet unique Sports-Intérieur pour régulariser la situation des entités sportives sous six mois. Le championnat national est toutefois maintenu pour préserver l’économie du football. Pour Essia Ndong, cette étape est cruciale : « Cette période doit être perçue non pas comme un recul, mais comme une opportunité de refondation. Ensemble, faisons le choix de l’ordre, de la légalité et du progrès. »
L’objectif est d’instaurer une rigueur nouvelle avant la reprise du scrutin, déjà décalé par la FIFA à décembre 2026. Notons que cet assainissement global touche aussi le Comité National Olympique Gabonais (CNOG), dont le processus est également suspendu.







