C’est depuis une conférence consacrée à l’énergie africaine à Paris que Libreville a choisi de formaliser ses ambitions. Le ministre du Pétrole et du Gaz, Clotaire Kondja, a fixé un horizon rapproché pour un tournant stratégique : « dans quatre à six mois », le Gabon entend finaliser des contrats majeurs de partage de production destinés à relancer son secteur pétrolier.
Pour un pays membre de l’OPEP, l’enjeu est crucial. Face au déclin progressif de ses champs matures, le gouvernement mise sur l’arrivée de nouveaux investisseurs de poids. Selon Reuters, « le Gabon, membre de l’OPEP, prévoit de signer des contrats de partage de production avec BP et ExxonMobil ».
Cette dynamique s’appuie déjà sur des prémices contractuels. Toujours selon la même source, « BP et Exxon ont toutes deux signé des accords préliminaires non contraignants pour explorer la côte atlantique du Gabon ». Une phase exploratoire jugée déterminante par les autorités, qui espèrent transformer le potentiel offshore du pays en nouvelles capacités de production effectives.
Dans un contexte de recomposition du marché énergétique mondial, l’Afrique de l’Ouest attire de nouveau les grandes compagnies pétrolières. Reuters note ainsi que « les grandes compagnies pétrolières affluent vers les eaux ouest-africaines pour reconstituer leurs ressources ». Le Gabon entend capitaliser sur cette tendance, misant sur son bassin offshore profond encore largement sous-exploité.
Si les perspectives affichées par Libreville sont ambitieuses, les majors restent, elles, plus prudentes. Clotaire Kondja assure que « nous prévoyons de signer des contrats dans les quatre à six prochains mois », mais les entreprises concernées temporisent. Reuters indique en effet qu’« Exxon a refusé de commenter le calendrier annoncé par le ministre », tandis que « BP n’a pas immédiatement répondu à la demande de commentaires ».
Entre volontarisme politique et prudence des investisseurs, les prochaines échéances diront si le Gabon parvient réellement à transformer cette offensive diplomatique et énergétique en engagements contractuels fermes.







