Votre reconduction s’est faite sans contestation apparente. Est-ce le signe d’un parti soudé ou d’un parti qui manque de débat interne ?
Ma reconduction est le signe d’un parti apaisé qui continue tranquillement sa route. Bien sûr qu’il y a des débats internes, mais je crois qu’il faut se poser l’autre question. Si je ne m’étais pas représenté au lendemain d’élections chaotiques, quel message aurais-je envoyé ? Celui d’un homme qui quitte le navire et ne supporte pas une défaite, ou bien celui de quelqu’un qui n’a pas le souci du devenir d’un parti qu’il a créé ? Quant au débat interne, dans un parti politique, le seul débat qui a de l’intérêt est celui qui porte sur les solutions aux problèmes politiques, économiques et sociaux du moment. Avons-nous ce débat au sein de l’Alliance Patriotique, et ce débat a-t-il lieu dans d’autres formations politiques de notre pays ? Voilà une question intéressante.
Cinq provinces, 3 822 adhérents revendiqués. Ces chiffres sont-ils vérifiables et quelles sont les zones où l’AP peine encore à s’imposer ?
L’Alliance Patriotique n’est pas représentée dans trois provinces : le Haut-Ogooué, le Moyen-Ogooué et la Ngounié. Nous considérons que les militants qui s’y trouvent n’ont pas procédé au renouvellement et à la confirmation de leurs cellules de base, comme cela avait été demandé depuis le mois d’avril. Pour ce qui est des chiffres, nous nous basons sur notre base de données qui recense les militants avec leur identité et notamment leur NIP. Maintenant, il faut se rappeler qu’en politique, rien n’est figé. Un citoyen d’accord avec vous hier peut parfaitement, et c’est son droit, changer d’avis le lendemain.
Les dernières élections législatives et locales ont été décevantes pour l’AP. Qu’est-ce qui a précisément failli ?
Ces élections ont été globalement mal organisées. Il ne vous a pas échappé qu’à l’époque, j’avais critiqué cette situation. Le Président de la République l’a lui aussi constaté et déploré. Il n’est pas utile de revenir sur cet épisode. J’espère que les prochaines échéances ne connaîtront pas le même sort. Il y a pour cela assez de temps pour améliorer ce qui n’a pas marché.
Quelle est votre lecture de la situation politique du Gabon depuis la fin de la Transition ?
La Transition est terminée depuis le 3 mai 2025. Un président de la République a été élu en avril et a pris ses fonctions au début du mois de mai. Si j’applaudis des deux mains, beaucoup diront que je me contente d’être un laudateur zélé. Si je formule une critique, d’autres m’objecteront que c’est l’avis d’un homme amer qui a perdu une position. Pour l’instant, je ne suis pas le mieux placé pour répondre à cette question.
Quel espace réel reste-t-il pour une opposition structurée au Gabon ?
J’avais dit l’année dernière que le Président partait pratiquement sans opposition, et que c’est son action qui conduirait à la formation et l’amplification de l’opposition. En politique, on ne s’oppose pas aux hommes et aux femmes pour ce qu’ils sont. On s’oppose aux solutions qu’ils proposent pour résoudre les problèmes du moment. Il est rare que l’unanimité prévale sur toutes les questions. Il y a donc bien un espace tout à fait légitime pour une opposition structurée dans notre pays.
Quelles sont les priorités de l’AP pour les prochaines années ?
Le calendrier politique de notre pays ne prévoit aucune élection avant 2030. Par conséquent, nos cibles prioritaires pour les trois prochaines années seront l’implantation du parti et le renforcement de la formation politique de nos militants.







