Depuis plusieurs jours, l’affaire Minang nourrit commentaires, interprétations et hypothèses au sein de l’opinion publique. Dans ce climat marqué par une rareté des informations officielles, certains observateurs ont cru voir un lien entre la suspension du procureur général et un litige financier opposant COVEC-Gabon à l’un de ses anciens partenaires d’affaires.
L’entreprise chinoise assure pourtant que les deux dossiers n’ont aucun rapport.
Selon les éléments communiqués par la société, le différend en question relève exclusivement du droit commercial. Après plusieurs années de collaboration, COVEC-Gabon et son ancien partenaire local avaient conclu un accord transactionnel destiné à régler définitivement leurs différends. Estimant toutefois que cet accord n’avait pas été correctement exécuté, l’ancien partenaire a saisi les juridictions commerciales de Libreville, obtenant notamment une mesure de saisie conservatoire sur certains avoirs de la société.
Pour les dirigeants de COVEC-
Gabon, il s’agit d’un contentieux classique entre acteurs économiques, sans dimension pénale ni implication de magistrats.
C’est précisément ce point que l’entreprise entend rappeler face aux nombreuses publications ayant évoqué « une affaire de plusieurs milliards de francs CFA impliquant un homme d’affaires chinois ». Une formulation qui, selon elle, a contribué à créer dans l’opinion un rapprochement abusif avec la situation du procureur général.
La société affirme ainsi n’avoir jamais entretenu de relations financières irrégulières avec le Dr Eddy Narcisse Minang ou avec un quelconque membre de l’appareil judiciaire gabonais. Elle rejette catégoriquement toute allégation de corruption, de trafic d’influence ou d’interférence dans une procédure judiciaire.
Cette mise au point intervient alors que les circonstances exactes de la suspension du procureur général demeurent encore peu connues du public. Si les autorités judiciaires et gouvernementales ont confirmé l’existence de mesures administratives à son encontre, peu d’éléments ont été communiqués sur les faits qui les motivent.
Le ministre de la Justice a néanmoins tenu à préciser que cette décision n’était liée ni à des allégations de rétrocommissions ni à des interventions dans des dossiers judiciaires en cours, contrairement à certaines rumeurs largement relayées sur les réseaux sociaux.
Dans ce contexte d’incertitude, COVEC-Gabon estime être devenue malgré elle l’une des victimes collatérales d’une affaire qui ne la concerne pas. L’entreprise considère que son image a été associée à tort à une controverse judiciaire dont elle est totalement étrangère.
Au-delà de son cas particulier, cette séquence met en lumière les dérives auxquelles peut conduire la circulation rapide d’informations non vérifiées. Entre contentieux commercial, procédure judiciaire et spéculations publiques, les frontières deviennent parfois floues, au risque de fragiliser la réputation d’acteurs qui ne sont ni concernés ni impliqués dans les faits évoqués.
Pour COVEC-Gabon, une chose est certaine : son différend avec son ancien partenaire reste un dossier commercial qui doit être tranché devant les juridictions compétentes, et ne saurait être utilisé pour alimenter les conjectures entourant l’affaire Minang.







