À l’origine de cette mobilisation, plusieurs situations que les organisateurs jugent symptomatiques d’un durcissement du climat politique. Ils citent notamment le cas de l’activiste Bob Mengome, dit « Matricule 212 », qu’ils affirment privé de visites familiales et d’accès aux soins. Le collectif dénonce également « l’arrestation brutale » de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze, qui a été interpellé sans convocation préalable par des hommes cagoulés.
Au-delà de ces cas individuels, la mobilisation cible la ligne politique du gouvernement. La porte-parole du collectif, Eloïse Bouanga, accuse le gouvernement de faire évoluer le cadre légal dans une logique de dissuasion. « Le gouvernement de monsieur Brice Clotaire Oligui Nguema transforme le droit en arme de dissuasion », affirme-t-elle. Dans son viseur, la réforme du code de la nationalité et les nouvelles dispositions encadrant l’espace numérique. « Un simple partage sur les réseaux sociaux peut désormais conduire en prison », ajoute-t-elle, évoquant des peines allant de cinq à dix ans d’emprisonnement, assorties d’amendes pouvant atteindre 50 millions de francs CFA.
Les organisateurs dénoncent par ailleurs un décalage entre ces orientations et les réalités sociales du pays. « Quelles sont les réelles priorités de ce gouvernement ? », interroge Eloïse Bouanga, pointant les difficultés persistantes d’accès à l’eau et à l’électricité.
Annoncé sous forme de rassemblement statique, le mouvement se tiendra sur le trottoir à l’angle de la chaussée de la Muette et de l’avenue du Ranelagh, dans le 16e arrondissement de Paris. Les initiateurs appellent à une mobilisation large pour dénoncer « l’oppression » et exigent le respect des droits fondamentaux, ainsi que des garanties sur l’intégrité physique des détenus au Gabon.







