Le compte à rebours est lancé, et avec lui, une angoisse qui ne cesse de croître. Par la note d’information N° 000496 datée du 26 février 2026, le Directeur général du Patrimoine a officialisé le lancement de travaux de rénovation d’envergure au sein de la Cité du Consortium des Entreprises Italiennes (CEI). Conséquence directe : les résidents ont jusqu’au 1er juin pour quitter les lieux.
Un nouveau traumatisme social en perspective ?
Avant les occupants de la CEI, ceux de Plaine Orety, de Derrière l’Assemblée nationale ou encore du carrefour de la SNI à Owendo avaient déjà subi le même sort. Pressés de déguerpir, certains attendent encore de recevoir des mesures d’accompagnement. Pour le « Collectif de riposte au déguerpissement », cette décision est un coup de massue. Dans une lettre ouverte adressée à Brice Clotaire Oligui Nguema, les signataires rappellent les précédents douloureux des quartiers derrière l’Assemblée nationale et des Trois Quartiers.
« Des familles entières ont été laissées dans la détresse, des habitations détruites sous des regards impuissants », s’insurge le collectif, pointant du doigt l’absence de mesures sociales d’accompagnement et la lenteur des chantiers promis après les précédentes expulsions.
Les retraités, premières victimes
Le profil des occupants de la Cité CEI accentue la dimension tragique de cette mesure. Il s’agit majoritairement de retraités, anciens serviteurs de l’État, dont beaucoup attendent encore la régularisation de leurs indemnités de services rendus. Après trente ans d’occupation et des retenues mensuelles sur leurs revenus, ces derniers se voient aujourd’hui menacés de se retrouver à la rue avec leurs familles.
Le collectif interroge la cohérence de cette politique : comment demander à des foyers modestes de se reloger dans un marché immobilier librevillois où les loyers atteignent des sommets, alors même que leurs pensions stagnent ?
L’appel à l’arbitrage du Chef de l’État
Les résidents ne s’opposent pas à la modernisation du cadre de vie, mais ils contestent la méthode. Ils en appellent au « sens de l’équité » du Président, lui rappelant ses engagements pris au lendemain du 30 août 2023 pour « restaurer la dignité des Gabonais ».
Le collectif propose des alternatives
concrètes, telles que le sursis immédiat de la mesure de déguerpissement, la mise en place de solutions de relogement dignes et effectives avant tout départ, ainsi que l’étude de mécanismes d’accession progressive à la propriété pour les occupants actuels.










