La colère a explosé suite à une note de la direction générale annonçant le passage des effectifs chez Esdras Services Gabon, un sous-traitant. Pour les travailleurs, le piège est grossier : Ebomaf tente de se séparer d’eux sans verser de solde de tout compte, ni mettre en place le plan social requis par la loi.
« On veut nous faire signer ailleurs alors que nos contrats actuels ne sont même pas rompus proprement », s’indigne Junior Ngoua Ngoua, technicien soudeur sur le site, fait savoir Direct Infos.
Comme lui, des centaines de pères et mères de famille se retrouvent poussés vers la sortie, la mort dans l’âme, contraints de signer des contrats de mission précaires alors qu’ils sont sur le chantier depuis plus d’un an.
Mais le problème contractuel n’est que la partie émergée de l’iceberg. Sur le terrain, la situation sociale est devenue intenable. Les grévistes décrivent un quotidien marqué par l’absence totale de bulletins de paie, parfois pendant un an, et le non-paiement des droits les plus basiques comme les congés ou le 13e mois.
Le plus grave concerne la protection sociale. Alors que des prélèvements sont effectués chaque mois sur leurs salaires, les employés soupçonnent que ces sommes ne sont jamais reversées aux organismes de sécurité sociale. En cas d’accident sur le chantier, c’est l’abandon total. En barrant la route de Cocobeach, ces 900 travailleurs ne réclament pas seulement de l’argent, mais le respect de leur dignité et l’arbitrage immédiat de l’État face aux méthodes d’un géant du BTP qui semble s’affranchir des règles nationales.







