Réunies autour des diplomates, les autorités ministérielles ont détaillé les motivations d’une mesure qu’elles présentent comme une réponse aux impératifs de stabilité nationale. Marie-Edith Tassyla-Ye-Doubeneny (Affaires étrangères), Germain Biahodjow (Communication et Médias), Mark Alexandre Doumba (Économie numérique) et le Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo-Bivigou (Santé) ont ainsi pris part à ce dialogue qualifié de transparent par les participants.
Pour le gouvernement, cette décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC) s’appuie sur la nécessité de protéger l’ordre public. Marie-Edith Tassyla-Ye-Doubeneny a souligné que « cette décision n’a pas été prise à la légère » et qu’elle visait avant tout à préserver la cohésion sociale face à la diffusion de contenus jugés haineux et nuisibles.
Abondant dans ce sens, Germain Biahodjow a insisté sur le fait qu’Internet demeure accessible dans le pays et que la suspension est sectorielle et temporaire. Il a également rappelé que le Conseil des ministres du 26 février 2026 a adopté trois ordonnances visant à mieux encadrer l’espace numérique, incluant notamment un mécanisme de « référé numérique » pour traiter les cas de diffamation.
Le ministre de l’Économie numérique, Mark Alexandre Doumba, a inscrit cette démarche dans une tendance mondiale. En s’appuyant sur le rapport des risques globaux 2026 du Forum économique mondial, il a rappelé que la désinformation constitue une menace majeure pour les sociétés actuelles. Il a notamment mis en avant l’obligation de signaler les contenus générés par intelligence artificielle (IA), s’inspirant des standards internationaux.
Le Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo-Bivigou a complété l’argumentaire gouvernemental en abordant le volet sanitaire. Elle a évoqué les risques d’addiction numérique, d’isolement social et l’émergence de défis violents en ligne comme autant de facteurs justifiant une régulation plus stricte des plateformes.
La réponse du corps diplomatique
Au terme des échanges, Abdellah Sbihi, ambassadeur du Maroc et vice-doyen du corps diplomatique, a salué l’initiative de cette rencontre. Tout en exprimant la disposition des représentations internationales à accompagner le Gabon, il a réaffirmé l’attachement du corps diplomatique au respect des lois nationales.
Il a néanmoins conclu en plaidant pour que les mesures prises restent conformes à la liberté de communication et aux principes de la Convention de Vienne, soulignant l’importance d’un équilibre entre régulation et libertés publiques.








