Le récent conseil d’administration de l’Agence gabonaise de développement et de promotion du tourisme (AGATOUR) a mis en lumière un paradoxe inquiétant.
Chargée de promouvoir la destination Gabon à l’international, l’agence consomme aujourd’hui l’essentiel de ses moyens pour assurer son existence plutôt que pour concrétiser sa mission.
Une équation budgétaire délicate
Le problème majeur réside dans la structure du budget. Pour l’exercice 2026, sur un budget de fonctionnement de 468,5 millions de FCFA, la masse salariale absorbe 83 % des crédits. Il ne reste donc que 76,5 millions de FCFA pour couvrir le fonctionnement quotidien, l’entretien des infrastructures et, surtout, la promotion touristique.
Cette situation est aggravée par l’absence d’investissements depuis trois ans. Estelle Flore Angangou, présidente du conseil d’administration, a souligné l’insuffisance des moyens alloués.
Dans ces conditions, comment l’agence pourrait-elle valoriser les parcs nationaux et le littoral si elle n’a pas les fonds nécessaires pour déployer des actions concrètes sur le terrain ?
Le mur financier de l’Horizon 2030
Le contraste avec les ambitions affichées par l’État est saisissant. Le Plan d’action 2026 nécessite 827,6 millions de FCFA, tandis que la mise en œuvre complète de la stratégie « Horizon 2030 » est estimée à 1,3 milliard. Les dotations actuelles restent donc largement insuffisantes.
Pour combler ce déficit, l’AGATOUR compte sur une réforme structurelle profonde. La mise en œuvre effective de la redevance touristique de 1 % sur le chiffre d’affaires des hôtels, prévue par la loi mais jamais perçue, apparaît comme un levier essentiel pour assurer à l’agence une autonomie financière.
L’heure des choix
Deux commissions ad hoc travaillent actuellement sur la gestion des ressources humaines et le financement. L’objectif est de transformer une structure aujourd’hui paralysée par ses charges fixes en un outil agile et performant.
Le potentiel touristique du Gabon reste immense, mais le temps presse. Sans rééquilibrage entre frais de personnel et capacités d’investissement, l’AGATOUR risque de rester ce paradoxe : une agence de promotion qui, faute de moyens, ne peut plus réellement promouvoir.







