Le silence des autorités gabonaises et de l’Agence Nationale des Parcs Nationaux (ANPN) sur les circonstances exactes de ce drame alimente les spéculations. Selon Nicaise Moulombi, la présence de Docio dans une zone reculée de la Lopé dépasse largement la simple excursion touristique : « Sa venue dans cette région n’était pas pour admirer la nature, mais pour des activités liées à la chasse des grands trophées », affirme-t-il.
Le leader écologiste met en avant le comportement défensif du troupeau d’éléphants comme un indicateur clé de la nature de l’interaction. « On peut clairement déduire que les éléphants se sont sentis menacés, ce qui confirme qu’il y avait une approche liée à la chasse des grands trophées », précise-t-il.
Il rappelle également le passé documenté de la victime : « Grodian souligne, même avant toute déclaration officielle du Gabon, que M. Docio possédait un musée privé rempli de grands trophées, notamment des éléphants, des lions et bien d’autres animaux. »
Au-delà de l’incident, l’ONG interpelle sur la gestion des autorisations de chasse sur le territoire gabonais. Alors que le président Brice Clotaire Oligui Nguema met en avant la conservation de la biodiversité, Nicaise Moulombi s’interroge sur d’éventuelles dérogations opaques : « Si des autorisations de chasse sportive ont été délivrées, elles doivent être transparentes. Sinon, le Gabon risque de glisser vers une politique d’abattage d’éléphants », avertit-il.
Nicaise Moulombi souligne également les connexions politiques du défunt, connu pour ses liens avec l’administration Trump et son rôle dans la promotion de la levée des restrictions sur l’importation de trophées de chasse aux États-Unis : « Après l’élection de Donald Trump, il a participé à un comité visant à promouvoir ces grands trophées. Cela questionne sa présence au cœur des parcs nationaux gabonais », explique-t-il.
Tout en présentant ses condoléances aux familles, le président de Croissance Saine Environnement demande que toute la lumière soit faite sur l’itinéraire de Docio et sur le rôle exact de l’ANPN dans ce dossier : « Nous avons besoin de transparence totale », conclut-il, rappelant que le Gabon joue sa crédibilité internationale en matière de protection de la biodiversité.







