Un réseau tentaculaire actif depuis 2010
Ce que l’on qualifiait au départ de simples rumeurs de malversations s’avère être un pillage méthodiquement orchestré. Selon les révélations du procureur, un réseau de fonctionnaires et de complicités extérieures s’était spécialisé dans le détournement des primes de vacances scolaires.
L’enquête, menée par les Officiers de police judiciaire (OPJ), a permis de mettre au jour des anomalies budgétaires vertigineuses. Rien que sur le fichier des bénéficiaires desdites primes, le parquet fait état d’un dépassement frauduleux de plus de 710 millions de francs CFA : « Le mécanisme mis en place consistait à la création de lignes budgétaires fictives dans le cadre du paiement de ces primes par virements bancaires ou par bons de caisse. » a déclaré Dick Fabrice Boungou Mikolo, Procureur de la République.
Vague d’interpellations et gardes à vue en série
La réponse judiciaire ne s’est pas fait attendre. Bien décidées à démanteler cette mafia administrative qui gangrenait les caisses de l’État, les forces de l’ordre ont procédé à de multiples interpellations au sein de la direction centrale des Affaires financières du ministère.
Le bilan d’étape des procédures judiciaires est déjà particulièrement lourd avec 25 personnes entendues à ce jour par les enquêteurs. Parmi elles, 20 suspects ont été formellement placés en garde à vue, tandis que 2 personnes ont été laissées libres sous contrôle judiciaire uniquement pour des raisons de santé dégradées.
Une enquête qui promet d’autres vagues
Le maître des poursuites s’est voulu on ne peut plus clair : ce point de presse ne marque pas la fin des investigations, mais bien le début d’un grand nettoyage. Les enquêtes se poursuivent activement pour identifier l’ensemble des ramifications de ce réseau qui s’est engraissé pendant seize ans sur le dos de l’Éducation nationale.
Au rythme où vont les auditions, de nouvelles têtes au sein de la haute administration pourraient très prochainement tomber.







