Par Dany Davy Ottong Nleme, acteur politique et fils d’Owendo
Deux ans. Il aura suffi de deux ans pour qu’un projet présenté comme le symbole du renouveau municipal se transforme en chantier figé, livré aux herbes et à la poussière. À Owendo, le nouvel hôtel de ville devait incarner la promesse d’une administration à la hauteur de ses ambitions. Il n’est aujourd’hui qu’une structure suspendue, que chaque habitant croise sans plus y croire.
L’histoire, pourtant, avait bien commencé. Le 30 août 2023, la bascule institutionnelle qui a mis fin au règne d’Ali Bongo Ondimba ouvrait une séquence porteuse d’espoirs. Dans la foulée, le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguéma, alors président de la Transition, débloquait un milliard de francs CFA pour moderniser un hôtel de ville devenu trop exigu pour une commune en pleine croissance. L’autorité municipale s’engageait à ériger de nouveaux bâtiments, capables d’absorber l’augmentation des effectifs et de redonner à l’institution un cadre digne de ses missions.
Sur le papier, l’ambition était limpide. Sur le terrain, la réalité raconte une toute autre histoire. Des fondations à l’arrêt. Des structures inachevées. Un chantier qui semble avoir été abandonné en cours de route. Et, plus troublant encore, explication officielle n’est lieu dire aux administrés pourquoi les travaux se sont interrompus.
C’est cette absence de réponse qui m’a poussé à prendre la plume. En tant qu’acteur politique de ma commune, je me pose la question de savoir pourquoi ces travaux sont à l’arrêt. Et en tant que fils d’Owendo, je me demande d’où vient cette malédiction. Parce qu’Owendo m’a tout donné et que je lui dois tout en retour, je m’autorise ces interrogatoires pour sa défense et son rayonnement. À quand notre 16 août, pour que ce chantier trouve enfin une fin mémorable ?
Poumon portuaire et industriel de la province de l’Estuaire, Owendo souffre depuis trop longtemps d’un déficit d’infrastructures sans rapport avec son poids économique. La rénovation de l’hôtel de ville ne relève pas du seul symbole. Elle répondait à une exigence fonctionnelle : offrir à une population et à un tissu économique en expansion une administration capable de traiter leurs dossiers dans de bonnes conditions. En restant bloqué, le chantier privé la commune d’un outil dont elle a un besoin réel et immédiat.
Je ne cherche ni coupable ni polémique. Je demande des comptes, comme tout citoyen est en droit de le faire. Il appartient désormais à l’autorité municipale de sortir du silence, de rendre compte de l’état réel d’avancement des travaux et, s’il le faut, de fixer un calendrier crédible pour leur reprise. Les habitants d’Owendo n’ont pas besoin de promesses supplémentaires. Ils attendent des explications et une date.
Car Owendo mérite mieux qu’un hôtel de ville à l’abandon.
Dany Davy Ottong Nleme







