C’est désormais officiel : la SEEG sera scindée en deux entités distinctes. L’annonce n’est pas une surprise. Le locataire du Palais du bord de mer l’avait déjà évoquée le 15 juin, lors de son discours sur l’état de la nation, dans une intervention particulièrement sévère à l’égard de la gouvernance de l’entreprise. Le président avait alors dénoncé la mauvaise gestion de la société et affirmé sa volonté de la diviser en deux structures séparées, l’une dédiée à l’électricité, l’autre à l’eau, afin de remédier aux dysfonctionnements structurels qui minent depuis des années la fourniture de ces deux services essentiels.
Quelques jours plus tard, c’est au tour du parti présidentiel, l’Union démocratique des bâtisseurs, de monter au créneau. Au lendemain de la sortie de son président fondateur, Brice Oligui Nguema, le parti a fait lire un communiqué au journal de 20 heures sur la chaîne publique nationale. Le message était sans ambiguïté : la direction de la SEEG, dirigée par Steeve Saurel Legnongo, était sommée de rendre compte des 1000 milliards de FCFA investis en 3 ans pour sortir le pays de la crise énergétique et hydraulique.
C’est donc sans surprise que le Conseil des ministres réuni hier à Libreville a examiné et adopté deux projets de loi entérinant cette scission : le premier portant sur la création de la société « La Gabonaise des Eaux », le second relatif à la société « Électricité du Gabon ». Selon le compte rendu officiel, l’adoption de ces textes prévoit la création de ces deux entités sous forme de sociétés d’économie mixte, chargées d’assurer, pour le compte de l’État, l’exploitation du service public de l’eau potable — notamment la production, le transport, le stockage, la distribution et la commercialisation de l’eau — ainsi que le renforcement des infrastructures énergétiques, la promotion de la transition énergétique et la sécurité de l’approvisionnement sur l’ensemble du territoire national.
Reste à savoir si ce découpage administratif suffira, à lui seul, à résoudre des problèmes que les Gabonais endurent depuis des années. Car au-delà de la réorganisation institutionnelle, c’est bien la question des investissements dans les infrastructures vieillissantes du pays qui se pose. Scinder la SEEG est une chose ; trouver les financements et la volonté politique pour moderniser durablement les réseaux d’eau et d’électricité en est une autre. Les regards sont désormais tournés vers les futurs dirigeants des deux nouvelles entités, qui devront rapidement faire la preuve qu’ils peuvent réussir là où Steeve Saurel Legnongo et son équipe ont échoué — sous peine de voir ce remaniement se réduire à un simple changement d’organigramme.







