Le Gabon organise, le 3 mai prochain, la première édition du Forum international de Libreville au Palais des congrès de la Cité de la démocratie, un complexe institutionnel ultramoderne bâti sur les ruines de l’ancienne Cité de la démocratie, démolie en 1994 par son prédécesseur Ali Bongo Ondimba pour y construire un terrain de golf destiné à accueillir des compétitions internationales — un projet qui ne verra finalement jamais le jour.
C’est un joyau architectural érigé en moins de deux ans, comprenant un vaste centre de conférences doté de salles de réunion, de bureaux administratifs, d’une salle de banquet, d’une salle de congrès, d’un carré VIP et d’une suite présidentielle, ainsi que des infrastructures connexes telles que 55 villas dédiées aux chefs d’État, un palais présidentiel, une clinique médicale, un zoo et un plateau sportif.
À la manœuvre, l’entreprise de construction turque Summa, fondée par Mete Bora en 1974 à Ankara, a bâti ce complexe sur les cendres de l’ancienne Cité de la démocratie. Un site chargé de symboles, où, en 2013, le président turc Recep Tayyip Erdoğan, alors Premier ministre, en visite à Libreville, avait lancé un forum économique entre le Gabon et la Turquie.
La date du 3 mai n’est sans doute pas anodine, pas plus qu’il n’est rare, pour les ouvriers mobilisés sur le chantier, de croiser Brice Clotaire Oligui Nguema ou le ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany, qui ont pris l’habitude de s’y rendre, notamment les week-ends, pour des séances de footing. Le 3 mai dernier Brice Clotaire Oligui prêtait serment au stade de l’Amitié à Agondje, en tant que président de la République. Un mois avant, il avait été élu avec plus de 98% de voix à la suite de l’élection présidentielle post-coup d’État du 30 août 2023.
Le Forum international de Libreville « réunira, sur une journée, des chefs d’État, des décideurs publics, des acteurs économiques, des représentants d’institutions internationales, des experts ainsi que des partenaires stratégiques », a indiqué le porte-parole de la présidence de la République, Théophane Nzame-Nze Biyoghe. Ce dernier a coanimé, le mercredi 22 avril au Palais de la Rénovation, une conférence de presse aux côtés de Nina Alida Abouna, commissaire générale aux expositions du Gabon en charge de l’organisation de l’événement.
Comparaison n’est pas raison ? Interrogée sur la similitude avec le New York Forum Africa, piloté par l’homme d’affaires français Richard Attias à la demande de la présidence sous le régime d’Ali Bongo — et vivement critiqué par l’opposition et la société civile, non seulement comme un show médiatique, mais aussi comme un événement coûteux pour les finances publiques —, Nina Alida Abouna a répondu à la presse, qu’a la différence des précédents forums, le Forum international de Libreville ne se déroulera pas « sous une tente ».
Si les détracteurs du régime d’Ali Bongo dénonçaient l’opacité entourant l’organisation du New York Forum Africa, la commissaire générale aux expositions du Gabon assure qu’« un mécanisme de suivi des engagements du Forum » sera mis en place. Elle promet également davantage de transparence, notamment à travers la publication d’un rapport financier, conformément aux exigences de reddition des comptes.







