Une tournée se lit aussi dans la presse qui la reçoit. Entre le 28 juillet et le 7 août, tandis que Brice Clotaire Oligui Nguema enchaînait Accra, Banjul, Freetown puis Abidjan, les rédactions des quatre capitales ont couvert l’événement à leur manière. Revue de détail.
Accra : deux protocoles et un hommage à Nkrumah
C’est au Ghana que la couverture a été la plus dense. Le quotidien public Graphic Online , premier tirage du pays, a retenu le concret : deux protocoles d’accord signés dès le premier jour, l’un sur les consultations politiques, l’autre sur la formation des diplomates, et douze secteurs identifiés pour approfondir la coopération. La Ghana News Agency et le Ghanaian Times , tous deux publics, ont mis en avant le décorum, salut au canon, garde d’honneur et dîner d’État, ainsi que le geste symbolique du président gabonais venu se recueillir au mémorial Kwame Nkrumah, figure du panafricanisme. Le registre dominant est celui d’un partenaire de longue date et d’un jalon supplémentaire dans la relation entre les deux pays.
Banjul et Freetown : accords et coopération Sud-Sud
En Gambie, la tonalité a été cordiale. The Point , principal quotidien indépendant du pays, a parlé de la première visite d’un chef d’État gabonais à Banjul depuis des années et d’un jalon important, détaillant la signature d’un accord général de coopération, la création d’une commission mixte et une exemption de visa pour les passeports diplomatiques et de service. Le journal a rendu compte des visites de terrain d’Oligui Nguema, du laboratoire de contrôle des médicaments de Brusubi au campus universitaire, en passant par un centre d’urgences médicales et la mare aux crocodiles de Bakau. The Standard , autre titre indépendant, a repris le même vocabulaire, celui de la solidarité panafricaine et de la coopération Sud-Sud.
À Freetown, la presse sierra-léonaise a rapporté la séquence dans un registre plus solennel. Le Global Times , quotidien local, a repris les mots du président Julius Maada Bio, qui a évoqué l’ouverture d’un « chapitre plus ambitieux » entre les deux pays et rappelé que Freetown et Libreville partagent une histoire singulière, deux cités fondées comme des refuges de liberté. Le site d’information Sierraloaded a mis l’accent sur la promesse économique, citant les autorités qui espèrent des investissements directs et un climat de confiance renforcé pour les Sierra-Léonais installés au Gabon.
Abidjan : un invité d’honneur
En Côte d’Ivoire, la couverture reste, à ce stade, largement protocolaire, le président gabonais étant attendu au défilé du 7 août et non pour une visite bilatérale classique. Les médias ont surtout relevé l’accueil de haut niveau réservé au couple présidentiel, reçu à sa descente d’avion par la cheffe de la diplomatie ivoirienne, Nialé Kaba, et le statut d’invité d’honneur d’Alassane Ouattara. La presse ivoirienne a inscrit ce déplacement dans le vocabulaire de la coopération Sud-Sud et de la fraternité continentale.
Le déplacement s’ajoute à une série déjà nourrie. Il s’agit de la troisième apparition d’Oligui Nguema aux côtés d’Ouattara en un an, après le 65e anniversaire de l’indépendance célébré à Bouaké en août 2025 et l’investiture du président ivoirien en décembre. Cette régularité fait d’Abidjan l’un des points d’ancrage de la diplomatie gabonaise dans la sous-région.
Un même cadrage
À lire ces titres bout à bout, un vocabulaire commun se dégage : celui du partenariat, de l’ouverture économique et de la solidarité africaine. D’Accra à Abidjan, la presse des pays hôtes a rendu compte d’une tournée présentée partout comme une étape de plus dans la diversification des relations extérieures du Gabon. Reste à mesurer, dans les mois qui viennent, ce que ces accords et ces commissions mixtes produiront sur le terrain.







