Derrière ce désaccord entre le Fonds monétaire international (FMI) et la BEAC se joue une question essentielle : comment financer les entreprises qui portent les grands projets industriels, agricoles, miniers ou d’infrastructures en Afrique centrale ?
Au cœur du débat se trouve le guichet spécial de refinancement. Son principe est simple : lorsqu’une banque accorde un crédit à une entreprise pour un projet productif, la BEAC peut lui fournir des liquidités afin qu’elle continue à financer d’autres projets. La banque centrale ne prête donc pas directement aux entreprises ; elle soutient les banques.
Le FMI estime que ce mécanisme fragilise les réserves de change de la Cemac. En effet, les projets financés nécessitent souvent l’importation de machines et d’équipements payés en devises, ce qui réduit les réserves qui garantissent la stabilité du franc CFA.
La BEAC défend une position inverse. Selon elle, supprimer ce dispositif reviendrait à freiner l’industrialisation et la diversification des économies de la sous-région. Dans un contexte où l’accès au crédit de long terme reste difficile, la banque centrale considère que son rôle est aussi de soutenir l’investissement productif.
Au fond, le désaccord oppose deux visions de l’économie. Le FMI privilégie la protection des réserves de change et la stabilité monétaire. La BEAC mise davantage sur le financement de la croissance et du développement.
Pour l’instant, aucun camp n’a obtenu gain de cause. La BEAC a suspendu le guichet spécial, mais refuse de le supprimer. Une évaluation est en cours avant toute décision définitive.
L’issue de ce bras de fer sera déterminante pour les entreprises de la Cemac. Si ce mécanisme disparaît, les banques pourraient financer plus difficilement les grands projets. S’il est maintenu, la région devra trouver le bon équilibre entre le soutien à l’investissement et la préservation de ses réserves de change.







