Une coalition transcontinentale aux racines historiques
Fondée en 1975 par l’Accord de Georgetown, l’OEACP — anciennement Groupe ACP — est l’une des plus anciennes et des plus vastes organisations intergouvernementales au monde. Elle rassemble aujourd’hui 79 États répartis sur trois continents, représentant plus d’1,5 milliard de personnes. Longtemps perçue comme un simple cadre de gestion de la coopération avec l’Union européenne, l’organisation s’est muée en une entité juridique autonome en 2020, avec pour ambition de diversifier ses partenariats et de peser davantage dans les instances internationales comme l’OMC ou les Nations Unies.
Le sommet de 2026, placé sous le thème d’une « OEACP transformée et renouvelée dans un monde en mutation », intervient dans un contexte de crises multidimensionnelles. L’un des enjeux majeurs de cette rencontre a été la mise en œuvre de l’Accord de Samoa, le nouveau cadre juridique régissant les relations avec l’Europe pour les vingt prochaines années.
Les priorités dégagées lors des travaux de Malabo s’articulent autour de plusieurs fronts critiques, notamment la souveraineté économique pour rompre avec les économies de rente au profit de la transformation locale. La résilience climatique constitue également un axe majeur pour coordonner les positions des États membres face à l’urgence environnementale, tout comme la transition numérique qui doit devenir un levier de compétitivité pour les PME et l’entrepreneuriat des jeunes.
De l’aide au développement vers l’investissement durable ?
L’innovation majeure de ce 11e Sommet réside dans l’importance accordée au secteur privé. Sous l’impulsion de leaders comme le Président Brice Clotaire Oligui Nguema, l’organisation plaide désormais pour un changement de paradigme. Il ne s’agit plus seulement de solliciter une aide au développement, mais de créer un climat des affaires favorable capable d’attirer des investissements productifs.
Comme l’a souligné le Secrétaire général, Moussa Saleh Batraki, l’urgence est de bâtir des chaînes de valeur locales créatrices d’emplois. Cette nouvelle feuille de route vise à renforcer la coopération Sud-Sud et triangulaire, permettant aux membres de l’OEACP de devenir des acteurs incontournables de la gouvernance mondiale et de l’économie de demain.




