Ce mercredi 15 avril, les titres souverains gabonais ont enregistré un net recul sur les marchés internationaux. Cette fébrilité des investisseurs fait suite à la publication des nouvelles projections de l’institution de Bretton Woods, qui dresse un tableau plus préoccupant que prévu de la trajectoire de l’endettement national.
Le verdict est tombé dans la dernière livraison du Fonds monétaire international. L’institution de Washington a sensiblement revu à la hausse ses prévisions concernant le ratio dette/PIB. Pour l’année 2026, ce curseur grimpe désormais à 86,06 %, loin de l’estimation de 81,96 % avancée en octobre dernier. Le rapport anticipe par ailleurs des niveaux d’endettement plus élevés pour chaque exercice jusqu’à l’horizon 2030, alors que les déficits annuels projetés s’annoncent plus lourds que lors des précédentes analyses.
La sanction des salles de marché ne s’est pas fait attendre. Selon les données de Tradeweb, les obligations internationales arrivant à échéance en 2031 ont subi une correction brutale. Le titre libellé pour novembre 2031 a cédé près de 3 cents (soit environ 18 FCFA par dollar nominal), s’échangeant désormais autour de 84,40 cents (environ 510 FCFA pour un dollar de valeur nominale). La tendance est identique pour l’obligation de février 2031, qui recule à 85,41 cents (environ 516 FCFA). Pour Samir Gadio, responsable de la stratégie Afrique chez Standard Chartered, ce mouvement de vente massif est la réponse directe des marchés aux révisions pessimistes de l’institution financière.
Cette dégradation de la confiance intervient à un moment charnière pour Libreville. Le mois dernier, les autorités ont officiellement sollicité l’appui du Fonds pour un nouveau programme d’assistance financière. Si cet accord est jugé crucial pour assainir les comptes publics et rassurer les partenaires extérieurs, la nouvelle donne de Washington pourrait durcir les conditions des négociations à venir. Le Gabon doit désormais convaincre de sa capacité à inverser la courbe de sa dette dans un environnement économique global de plus en plus exigeant.







