À l’origine du dossier : une somme de 5 millions de francs CFA, liée à des prestations remontant à 2008, dans le cadre d’un événement gouvernemental. Un contentieux vieux de seize ans, remis brusquement à l’agenda judiciaire. Pour beaucoup, le calendrier interroge.
Au sein du parti Réagir, la lecture est sans ambiguïté. Pour Michel Ongoundou Loundah, cette résurgence tardive ne doit rien au hasard.
« Un scénario mal écrit »
L’opposant ne prend pas de gants. À ses yeux, la coïncidence entre les prises de position critiques de l’ancien Premier ministre et sa convocation devant la justice relève d’une évidence politique : « Mais ça a sauté aux yeux ! C’est un scénario mal écrit. Je veux dire, de très mauvais acteurs. Depuis que M. Bilie-By-Nzé a décidé de parler, de dénoncer les incohérences et les contradictions de ce régime, il est clairement dans le collimateur. »
Au-delà du cas individuel, Michel Ongoundou Loundah y voit un signal adressé à l’ensemble des voix dissidentes : « Lui comme nous d’ailleurs. Aujourd’hui c’est M. Bilie-By-Nzé, demain ce sera un autre. Quand on regarde le contexte général, on voit bien qu’on est passé à une logique de coercition, de répression… et désormais d’actes. »
Une justice sous pression ?
Le ton se durcit encore lorsqu’il évoque la gestion judiciaire de l’affaire. Après plusieurs décennies de militantisme, l’opposant dit assister à une dérive préoccupante.
« On pensait que les nouvelles autorités allaient emprunter une autre trajectoire. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Et quand vous écoutez le communiqué du procureur, c’est totalement ahurissant. Franchement, c’est effrayant. Cela n’honore ni notre justice ni, plus largement, nos institutions. »
Une opposition aguerrie
Malgré ce qu’il considère comme une tentative d’intimidation, Michel Ongoundou Loundah assure que l’opposition ne fléchira pas. Le rapport de force, selon lui, a évolué.
« Je vais vous dire un proverbe de chez moi : l’animal qui a déjà avalé un porc-épic ne craint plus aucun autre gibier. Ce que nous avons traversé est bien pire. Ce n’est pas cela qui entamera notre détermination. »
Un dossier devenu politique
En quelques jours, l’affaire Bilie-By-Nzé a quitté le strict terrain judiciaire pour s’imposer comme un marqueur du climat politique actuel. Entre contentieux de droit commun et soupçons de règlement de comptes, les lignes se brouillent.
Pour Michel Ongoundou Loundah, une chose est désormais certaine : « la traque des voix critiques est ouverte ». Une affirmation lourde, qui place ce dossier au cœur d’un bras de fer où, plus que jamais, chaque mot et chaque acte seront scrutés.







