Sur les premiers kilomètres du Transgabonais, la voie ferrée ne traverse pas la forêt mais des quartiers. Entre la gare d’Owendo et la sortie du Grand Libreville, les habitations se sont rapprochées des emprises ferroviaires, les piétons empruntent les rails et les passages improvisés se multiplient. C’est sur ce tronçon, compris entre les PK 2 et PK 17, que la SETRAG a choisi de ne plus agir seule.
Jeudi 24 septembre 2026, à 11 heures, dans sa salle polyvalente, l’entreprise a signé une convention de partenariat avec les trois communes concernées. Eugène Mba, maire de Libreville, Arnaud Sandri Nombo, maire d’Owendo, Zéphirine Etotowa Ntutume, maire de Ntoum, et Christian Magni, administrateur directeur général de la SETRAG, ont apposé leur signature au bas du document.
Des jeunes des quartiers comme relais
Le cœur du dispositif est une association de proximité, composée de jeunes volontaires recrutés dans les quartiers riverains de la voie. La SETRAG en attend un travail de terrain : relayer les campagnes de prévention auprès des habitants, rappeler les règles applicables aux emprises ferroviaires et contribuer à faire reculer les comportements à risque. L’entreprise la présente comme une interface entre elle, les autorités locales et les populations.
Le choix de s’appuyer sur des jeunes issus des quartiers répond à une logique simple. Un message de sécurité porté par un voisin a plus de chances d’être entendu qu’une affiche ou une consigne venue de l’opérateur ferroviaire.
Les mairies en appui institutionnel
Les communes n’interviennent pas directement sur la voie, qui relève de la SETRAG. Leur rôle, selon les termes de la convention présentés par l’entreprise, consiste à apporter un soutien institutionnel à l’association et à participer à la coordination des actions de sensibilisation. La structure conservera toutefois son autonomie de gestion.
Le communiqué diffusé par la SETRAG ne précise ni le nombre de volontaires attendus, ni leur statut, ni la manière dont l’association sera financée. Ces points devraient conditionner la capacité du dispositif à durer au-delà de la cérémonie de signature.
Sept mois de concertation
La convention n’est pas née jeudi. Elle prolonge un atelier organisé le 18 février dernier dans la même salle polyvalente, au cours duquel les différentes parties avaient identifié les enjeux prioritaires de sécurité le long du rail. Plusieurs mois d’échanges ont ensuite permis de fixer les engagements de chacun en matière de sensibilisation, de prévention et d’accompagnement des riverains.
Owendo réclame un suivi régulier
Commune hôte de la cérémonie, Owendo s’est exprimée par la voix de son maire. Selon le texte de son allocution, Arnaud Sandri Nombo a placé l’initiative dans la continuité des orientations du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, en matière de protection des populations.
L’édile a reconnu l’importance du chemin de fer pour l’économie nationale, tout en estimant que sa présence au milieu des zones d’habitation crée pour les autorités une responsabilité particulière. La question, selon lui, ne peut être traitée efficacement par une seule institution. Il attend de la convention une meilleure coordination, un renforcement de la sensibilisation ainsi qu’une amélioration du signalement et du traitement des situations dangereuses.
Le maire d’Owendo a surtout souhaité que la signature ne constitue pas « un aboutissement », mais le point de départ d’une collaboration opérationnelle et évaluée à intervalles réguliers entre les communes et la SETRAG. Les premiers résultats se mesureront sur le terrain, le long des quinze kilomètres de voie où riverains et trains se côtoient chaque jour.







