Le premier rendez-vous a eu lieu avant même l’ouverture officielle du programme. Dès son arrivée le 19 juillet, le chef de l’État a reçu Anne Rigail, directrice générale d’Air France.
Air France et Fly Gabon, déjà partenaires commerciaux, veulent conclure d’ici la fin de l’année un accord de partage de codes qui permettrait au pavillon gabonais de vendre des billets jusqu’à Paris sous son propre code. Rien n’a été signé ce jour-là. Mais que ce dossier ait ouvert la visite, avant le pétrole ou le bois, situe assez bien la priorité affichée par Libreville.
Le volet le plus dense s’est joué le lendemain, à l’Élysée, où deux protocoles ont été échangés devant les deux présidents. Le plus attendu portait sur le manganèse. Eramet et sa filiale Comilog ont paraphé avec l’État gabonais un texte sur la transformation locale du minerai.
Sa présidente, Christel Bories, a parlé d’une feuille de route co-construite avec les autorités. Le protocole fixe un cap, jusqu’à 700 000 tonnes traitées sur place d’ici fin 2031, avec trois scénarios encore à l’étude, un fonds « Fabriqué au Gabon » et une filière de biocharbon. Il ne s’agit pas d’un investissement engagé mais d’un cadre de travail.
L’autre signature, passée plus inaperçue, engage l’électricité du pays. L’État gabonais, EDF Power Solutions et Gabon Power Company se sont entendus sur le barrage de Booué, un aménagement de 400 mégawatts sur l’Ogooué. Le texte a été signé par le ministre Philippe Tonangoye, par Béatrice Buffon, qui dirige EDF Power Solutions, et par Philippe Jr. Ossoucah, directeur général de la GPC. Là encore, on n’y est pas tout à fait. Les partenaires se donnent jusqu’au 31 octobre pour aboutir à un accord de développement et prévoient de se réunir chaque mois d’ici là. Le pays a de quoi être pressé. Il produit environ 700 mégawatts pour une demande de plus de mille, et n’exploite que 13 % de son potentiel hydroélectrique.
À côté de ces signatures, le président a reçu les responsables du Consortium Omega. Ce groupe, spécialisé dans les infrastructures d’eau et d’électricité, a été consulté sur l’amélioration de l’accès aux réseaux, l’une des priorités martelées par le chef de l’État.
La présidence, elle, n’est pas entrée dans le détail. Son communiqué de retour évoque des accords sur les mines, l’eau, l’énergie, la sécurité et les investissements, sans nommer tous les interlocuteurs ni avancer le moindre montant.
Au total, la mission économique aura surtout ramené des noms. Quatre dirigeants clairement identifiés, à la tête d’Air France, d’Eramet, d’EDF Power Solutions et de Gabon Power Company, plus les émissaires du Consortium Omega. Les engagements, eux, sont datés sans être fermes : fin octobre pour Booué, fin d’année pour l’aérien, calendrier ouvert pour le manganèse. On verra à l’usage ce qui tient une fois rentré à Libreville.







