Cette rencontre prestigieuse s’inscrit dans une tradition d’excellence pour l’ASSOCIATION SCIENCES PO POUR L’AFRIQUE (ASPA). Créée le 14 décembre 2011, cette organisation, qui fête ses 14 ans d’existence, s’est imposée comme un carrefour incontournable du débat intellectuel en recevant régulièrement des invités de marque. Avant Alain-Claude Bilie-By-Nze, l’association a ainsi ouvert ses portes à des figures de proue telles que Cellou Dalein Diallo, ancien Premier ministre de Guinée et président de l’UFDG, ou encore Sandra Kassab, directrice Afrique de l’Agence Française de Développement (AFD).
Selon les organisateurs, cette rencontre s’inscrivait dans un cadre purement académique. Il ne s’agissait nullement de juger un régime ou de défendre un parcours, mais bien de comprendre, à partir de l’expérience de l’invité, les mécanismes, les contraintes et les dilemmes inhérents à l’exercice du pouvoir. Cet échange a ainsi permis d’aborder avec exigence les réalités concrètes de l’action publique et les défis contemporains des États d’Afrique centrale.

La fin du dogmatisme politique
Au travers d’une discussion non partisane, l’ancien chef du gouvernement a d’emblée posé un cadre de réflexion global en affirmant que « la question des transitions ne peut pas être traitée de manière religieuse : c’est du cas par cas ». En refusant toute approche dogmatique, il appelle à une analyse fine des situations politiques actuelles où plusieurs réflexions fortes ont émergé.
Le défi de la crédibilité et de la continuité
Abordant la crise de confiance qui touche les institutions, l’intervenant a dressé un constat sans concession : « nos pays souffrent du fait que la parole publique a perdu toute crédibilité ». Pour assurer la survie de l’État au-delà des crises, il a souligné que « la continuité administrative est parfois plus décisive que la rupture politique ». Cette vision de l’État s’accompagne d’une exigence démocratique forte, car, selon lui, « il n’y a pas de démocratie sans prise en compte de l’avis des citoyens ».
L’économie au service du social
Sur le plan économique, Alain-Claude Bilie-By-Nze a mis en garde contre les conséquences humaines des ajustements budgétaires. Il a ainsi rappelé avec force que pour « réduire les dépenses publiques, ce sont toujours les politiques sociales qui paient ». Cette réflexion replace la protection des citoyens au cœur des enjeux de gouvernance et de dette publique.
Un dialogue engagé au cœur de l’ASPA
Cette rencontre, facilitée par Noël Biloghe, s’inscrit dans la mission de l’ASPA de favoriser les échanges avec les hautes personnalités du continent. L’association, qui traite également de sujets de fond comme les politiques mémorielles et les réparations liées à la traite Atlantique, a chaleureusement remercié l’ancien Premier ministre pour la qualité de son intervention et la richesse des échanges avec les participants.










