Le Gabon franchit une nouvelle étape de sa politique environnementale avec le lancement de « Gabon Infini », un programme présenté par le porte-parole de la présidence de la République, Théophane Nzame-Nze Biyoghe, le 27 mars dernier, comme « un mécanisme de financement structuré mobilisant jusqu’à 200 millions de dollars sur 10 ans », soit environ 113,2 milliards de FCFA. Ce dispositif, annoncé comme étant « sous l’impulsion du président Oligui Nguema », ne repose pas sur une aide bilatérale classique, mais sur un partenariat stratégique avec des entités telles que le Bezos Earth Fund, The Nature Conservancy et le Fonds pour l’environnement mondial.
Le fonctionnement de « Gabon Infini » s’appuie sur le modèle du Financement par le Projet pour la Permanence (PFP). Ce mécanisme novateur lie le déblocage des fonds à des résultats écologiques et politiques précis, garantissant que les ressources sont allouées de manière durable. Selon les autorités, ce partenariat « consacre la crédibilité du Gabon comme référence mondiale en matière de protection des forêts tropicales » et permet de sécuriser des fonds sur le long terme pour la gestion des parcs nationaux. Le communiqué officiel souligne d’ailleurs avec fermeté que « ce partenariat n’est pas une aide », mais une reconnaissance de la « valeur stratégique de nos forêts pour l’équilibre climatique mondial ».
Sur le plan technique, l’ambition est de « porter les aires protégées à 30 % du territoire d’ici 2030 ». Pour atteindre cet objectif, le projet prévoit de « sanctuariser 3,9 millions d’hectares de forêts et 18 000 kilomètres de cours d’eau ». Cette approche vise à renforcer la souveraineté nationale sur les ressources tout en répondant aux « défis environnementaux » globaux.
Avec une couverture forestière de près de 89 %, le pays rappelle sa position de territoire « absorbant plus de carbone qu’il n’en émet », justifiant ainsi cet investissement massif de 113,2 milliards de FCFA.
Enfin, le volet social constitue un pilier central de « Gabon Infini ». L’exécutif affiche sa volonté de « développer des emplois verts durables au bénéfice des populations », intégrant ainsi le développement humain à la conservation de la nature. En cherchant à « conjuguer souveraineté nationale, responsabilité environnementale et développement durable », le Gabon entend protéger son patrimoine « dans l’intérêt des générations présentes et futures ».









