Prévue ce vendredi 8 mai, l’audience de la chambre d’accusation chargée d’examiner le placement sous mandat de dépôt ainsi que la demande de mise en liberté provisoire d’Alain-Claude Bilie-By-Nze a finalement été renvoyée au 12 mai prochain.
Selon les éléments avancés, ce report serait lié à une formalité procédurale non accomplie : la notification des mémoires à la partie civile, qui n’aurait pas encore été effectuée par le Procureur général.
Pour le parti Ensemble Pour le Gabon (EPG), ce nouveau renvoi dépasse le simple cadre administratif. Dans un communiqué, le bureau exécutif estime que cette situation alimente les inquiétudes autour du respect des garanties fondamentales du procès équitable.
Le parti considère que « chaque manquement procédural, chaque retard inexpliqué et chaque entorse aux garanties fondamentales alimentent inévitablement le doute sur la sérénité et l’impartialité de la procédure en cours ».
L’EPG insiste notamment sur le respect du principe du contradictoire, qu’il qualifie de « fondement de tout procès équitable et de toute justice impartiale ».
Au fil des développements judiciaires, l’affaire semble désormais prendre une dimension plus institutionnelle et politique. Pour les responsables du parti, l’enjeu dépasse largement la situation personnelle de l’ancien chef du gouvernement : « Au-delà de la seule personne de M. Alain-Claude Bilie-By-Nze, c’est la crédibilité même de l’État de droit qui se trouve mise à l’épreuve. »
Dans ce contexte, l’EPG appelle les magistrats de la chambre d’accusation à préserver leur indépendance et à rendre leur décision à l’abri de toute influence extérieure : « Le parti Ensemble Pour le Gabon en appelle solennellement à la conscience, à la responsabilité et à l’indépendance de la chambre d’accusation afin que le droit soit dit […] sans considérations politiques, sans pression et sans instrumentalisation des institutions judiciaires. »
Le communiqué se conclut sur une mise en garde concernant les conséquences politiques et institutionnelles d’une procédure perçue comme déséquilibrée. Selon l’EPG, « le Gabon ne peut durablement construire sa stabilité sur l’affaiblissement des libertés publiques » ni sur « la mise à l’écart des voix dissidentes ».
Tout en affirmant demeurer « uni, digne et résolument attaché aux principes républicains », le parti appelle ses militants et sympathisants au calme, à la vigilance et au « respect scrupuleux des lois de la République ».
L’audience du 12 mai apparaît désormais comme un moment décisif, tant pour l’évolution du dossier que pour l’image d’une justice gabonaise appelée à démontrer son indépendance et son impartialité.







