Le bilan de cette inspection a été qualifié de contrasté par les autorités. À l’issue des visites, l’ambassade de France a fait part d’un « sentiment mitigé », précisant que si « des avancées sont visibles, beaucoup reste à faire pour répondre pleinement aux attentes du système éducatif ». Ce programme d’envergure, financé principalement par l’Agence Française de Développement (AFD) à hauteur de 101 milliards de FCFA (environ 154 millions d’euros), prévoit la construction et la réhabilitation de centaines de salles de classe pour le primaire et le secondaire, principalement dans le Grand Libreville et Port-Gentil.

L’ambassadeur Fabrice Mauriès a détaillé la situation en distinguant deux niveaux d’avancement sur les différents sites. « Le sentiment est mitigé. Il y a des sites, à peu près la moitié, qui nous paraissent tout à fait dans les temps. Il faudra mettre un coup de collier pour arriver à les livrer au mois de juillet », a-t-il indiqué. Toutefois, le diplomate a exprimé des réserves sur d’autres segments du projet, notamment concernant le site de Camp Poussière. « Il y en a d’autres où, manifestement, le compte n’y est pas. Et vraisemblablement, nous sommes très en retard », a-t-il ajouté.
Cette prise de parole publique souligne les difficultés rencontrées dans la phase d’exécution de certains lots. Lorsqu’un diplomate sort ainsi de sa réserve pour pointer des défaillances opérationnelles, c’est le signe que le mal est profond et que les prévenances conventionnelles n’ont manifestement pas eu d’effets. Cette situation soulève des questions de fond sur l’écosystème entourant ces marchés publics : qui sont réellement ces entreprises ? Sur quelles bases techniques et financières ont-elles été retenues lors des appels d’offres ? Qui sont les véritables propriétaires de ces entités qui semblent aujourd’hui mettre en péril un projet d’intérêt national ?
Sur ce point, Fabrice Mauriès a rappelé les obligations des prestataires ayant bénéficié de ressources préalables. « Il faudra que les entreprises qui ont un financement, qui ont des avances de trésorerie pour agir, prennent le taureau par les cornes pour que nous puissions respecter les délais qui avaient été convenus », a-t-il insisté.
La ministre de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, a pour sa part mis l’accent sur l’impact de ces délais sur l’organisation de la rentrée scolaire. « C’est bien de vouloir avoir des chantiers, mais il faut avoir la sincerity de dire si vous avez la capacité réelle de construire en temps et en heure », a-t-elle déclaré. Elle a rappelé que ces infrastructures sont indispensables à la planification pédagogique nationale.
Selon la ministre, l’enjeu dépasse la simple livraison technique. « Parce que les chantiers d’éducation nationale, ce n’est pas que des bâtiments administratifs. Derrière, il y a toute une programmation. Il y a l’affectation des élèves, il y a le personnel », a-t-elle précisé. En conclusion de cette visite, Camélia Ntoutoume Leclercq a maintenu « un discours vraiment de fermeté et de déception sur certains sites », signifiant que le respect du calendrier est désormais une priorité absolue pour le gouvernement.









