Devant la presse, Aimé Mapangou a décrit un scénario survenu le mercredi 15 avril 2026, en fin d’après-midi. Selon lui, aux environs de 18 heures, le président de son parti aurait été « kidnappé, à l’entrée de son domicile, par des individus encagoulés » se réclamant de la Direction générale des recherches (DGR).
Le Secrétaire général a vivement dénoncé les conditions de cette intervention : « Cette interpellation s’est déroulée dans des conditions que nous qualifions de brutales, irrégulières et contraires aux principes élémentaires de l’État de droit. »
Il affirme en outre que l’ancien chef du gouvernement aurait été « séquestré pendant plus de 24 heures sans accès à ses avocats », ajoutant qu’à ce jour, « ni sa famille, ni ses conseils n’ont pu le rencontrer ». Une situation qui, selon lui, « constitue déjà une violation grave des droits de la défense ».
Au cœur de l’affaire, un dossier remontant à la Fête des cultures de 2008, que les responsables d’Ensemble Pour le Gabon estiment juridiquement fragile. Le parti rapporte les propos de Maître Sarah Ognagne : « Il n’y a pas d’affaire. Tout ceci relève du génie juridique. »
Aimé Mapangou s’interroge sur la réactivation d’un dossier vieux de près de deux décennies. Selon lui, « l’État gabonais n’a pas débloqué à temps les financements nécessaires » et « des tiers, dont Monsieur Bilie-By-Nze lui-même, ont volontairement avancé des fonds ».
Il met également en cause la gestion administrative de l’époque, citant notamment la tutelle alors en charge, Paul Mba Abessole. Pour lui, « il est essentiel de rappeler clairement qu’il n’y a pas de dette. Et si dette il y a, elle relève du comité d’organisation agissant pour le compte de l’État. »
Au-delà du dossier judiciaire, le responsable politique voit dans cette affaire une manœuvre délibérée. « Le timing n’est pas neutre. Le ciblage n’est pas neutre », a-t-il insisté, estimant que cette procédure intervient dans un contexte de tensions politiques liées, selon lui, aux prises de position de Bilie-By-Nze contre « la concentration des pouvoirs issue de la nouvelle Constitution ».
« Nous ne sommes pas face à une procédure judiciaire normale. Nous sommes face à une opération politique. » — Aimé Mapangou.
Dans la même logique, Ensemble Pour le Gabon dénonce une « instrumentalisation de la justice à des fins politiques », dans un pays confronté à d’autres urgences sociales et économiques, notamment « les crises énergétiques et le chômage massif ».
En conclusion de sa déclaration, Aimé Mapangou a qualifié Alain-Claude Bilie-By-Nze de « prisonnier politique ». Face à ce qu’il décrit comme un basculement vers un « État de contrainte », il a appelé à une mobilisation nationale et internationale pour exiger « sa libération immédiate et sans conditions ».
Pour Ensemble Pour le Gabon, cette affaire constitue une « dérive grave de l’État de droit », dont les autorités devront assumer les conséquences politiques et juridiques.







