Dès l’ouverture, le ton est donné : « Dans toute démocratie digne de son nom, la justice ne doit pas seulement être rendue, elle doit être rendue dans le respect scrupuleux des droits, des procédures et des règles », a déclaré Mapangou.
Des faits prescrits depuis 18 ans, selon la Défense
Premier argument avancé par le parti : la prescription. « Selon ses conseils, les faits qui lui sont reprochés remontent à plus de 18 ans et sont couverts par la prescription », a indiqué le Secrétaire général, précisant que la Défense avait déjà soulevé cette question devant les juridictions compétentes. « Cette question de la prescription n’est pas un détail technique. Elle constitue un principe fondamental du droit pénal », a-t-il insisté.
Vient ensuite le chiffre central de la déclaration : « Aujourd’hui, Alain-Claude Bilie-By-Nze est détenu depuis 71 jours sans avoir été entendu une seule fois sur le fond de son dossier par le juge d’instruction. » Une durée que l’EPG estime incompatible avec le principe selon lequel « la détention provisoire doit demeurer une mesure exceptionnelle ».
« Écarter durablement » : l’accusation centrale de l’EPG
Le parti va plus loin et avance une explication politique à cette procédure. « Disons-le en toute objectivité : le véritable but recherché est d’écarter Alain-Claude Bilie-By-Nze durablement de la vie politique nationale et de le rendre inéligible aux prochaines échéances électorales », a affirmé Mapangou, fondant cette analyse sur « la prescription soulevée par la Défense, la durée de la détention et l’absence d’actes d’instruction significatifs ». « Cette hypothèse ne peut être balayée d’un revers de main », a-t-il ajouté.
Le Secrétaire général a formulé cette interrogation : « Les principes fondamentaux de notre République sont-ils appliqués de manière égale à tous, ou assistons-nous à une dérive qui fragilise les fondements même de notre vivre-ensemble ? »
Saisine de l’ONU et mobilisation internationale
L’EPG affirme avoir porté l’affaire devant les instances internationales. « Les Nations unies ont été saisies par les conseils d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, ainsi que d’autres mécanismes internationaux de protection des droits de l’homme », a indiqué Mapangou, ajoutant que « la communauté internationale suit ce dossier avec une attention croissante ».
Le parti a néanmoins interpellé certains partenaires internationaux, qu’il juge incohérents : « Comment comprendre que, d’un côté, des mécanismes internationaux soient saisis sur la situation de Bilie-By-Nze […] tandis que, de l’autre, certains partenaires continuent d’agir comme si ces préoccupations n’existaient pas ? »
Code de la nationalité : un recours jugé irrecevable
L’EPG est également revenu sur le rejet, par la Cour constitutionnelle, de son recours contre le nouveau Code de la nationalité. « La Cour a choisi de déclarer notre requête irrecevable au motif que le vice-président de notre parti ne disposait pas du mandat exprès du président Alain-Claude Bilie-By-Nze pour agir, sans examiner le fond des questions que nous avons soulevées », a expliqué Mapangou.
Le parti annonce vouloir poursuivre ce combat juridique : « Aucune décision d’irrecevabilité ne saurait éteindre un débat qui concerne l’avenir de la nation », a-t-il déclaré, précisant que « d’autres initiatives, d’autres recours et d’autres actions seront engagées ».
Tensions signalées à la prison centrale de Libreville
Point sensible de la déclaration, l’EPG a évoqué des informations non confirmées faisant état de « tensions préoccupantes au sein de la prison centrale de Libreville ». « Nous ne sommes pas en mesure de confirmer ces informations », a précisé Mapangou, tout en rappelant la responsabilité de l’État : « Lorsqu’un citoyen est placé en détention, l’État devient entièrement responsable de sa sécurité, de son intégrité physique et de sa dignité. »
Le parti a formulé un avertissement direct : « Si un incident devait survenir à la prison centrale de Libreville, personne ne pourrait prétendre qu’il n’avait pas été alerté. Celui qui prive un homme de liberté assume aussi l’entière responsabilité de sa sécurité. »
Les revendications de l’EPG
Le parti a conclu sa déclaration en exigeant « la mise en liberté immédiate et sans condition » de Bilie-By-Nze, en réaffirmant son attachement à « l’État de droit et à l’indépendance de la justice », et en appelant les autorités gabonaises à « faire prévaloir la justice, le droit et l’apaisement ». L’EPG a par ailleurs annoncé la légalisation de sa représentation au sein de la diaspora, défendant celle-ci contre toute accusation de déloyauté : « Rien n’est plus éloigné de la réalité. »
Mapangou a clos la déclaration sur ces mots : « Notre combat n’est pas celui d’un homme seul. Il est celui du respect des principes fondamentaux, sans lesquels aucune démocratie véritable ne peut prospérer. C’est un combat pour la justice, pour l’équité, pour la dignité, pour l’avenir du Gabon. »







