À moins de trois semaines de l’échéance, le compte à rebours s’accélère à Makokou. Le président de la République, chef de l’État et chef du gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu le 11 août les notables, parlementaires, cadres et forces vives de l’Ogooué-Ivindo. Au menu de cette rencontre : les derniers arbitrages avant la célébration, le 30 août à Makokou, du troisième anniversaire de la « Fête de la Libération », la date anniversaire du coup d’État militaire qui a porté Oligui Nguema à la tête de l’État en 2023, établie depuis en journée nationale commémorative.
Au Palais du bord de mer, on présente cette audience comme l’illustration d’une méthode de gouvernance désormais bien rodée : écouter les acteurs du terrain, confronter les projets aux réalités locales et construire avec les populations les réponses adaptées à leurs attentes. Un discours de concertation qui accompagne, depuis deux ans, l’organisation tournante de cette célébration nationale. Tchibanga, dans la Nyanga, avait accueilli l’édition 2025.
Une province minière conservée à l’écart
Le choix de Makokou n’a rien d’anodin. Chef-lieu d’une province enclavée du nord-est gabonais, la ville symbolise le paradoxe d’un territoire riche en ressources mais longtemps délaissé par une économie nationale tournée vers le littoral. L’Ogooué-Ivindo abrite en effet le gisement de fer de Bélinga, évalué à 1,4 milliard de tonnes certifiées, dont l’exploitation industrielle à grande échelle n’est cependant attendue qu’à l’horizon 2030. En attendant, la province demeure faiblement peuplée et peu industrialisée.
C’est ce déséquilibre que les autorités gabonaises entendent mettre en scène le 30 août. Dix-sept chantiers structurants sont actuellement en cours à Makokou et dans les quatre départements de la province : voirie, équipements publics, infrastructures diverses. Sur le terrain, les travaux recensés portent notamment sur la rénovation urbaine (une trentaine de kilomètres de voiries et l’éclairage public), la construction de logements sociaux au quartier Mayiga, un centre de formation professionnelle, la réhabilitation de l’hôtel du Relais de l’Ivindo ainsi que de nouveaux bâtiments administratifs et sanitaires.
Le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, mandaté par le chef de l’État pour coordonner les préparatifs, s’était rendu sur place mi-juin pour inspecter le chantier de la place des fêtes, un nouveau marché communal, une cité de logements sociaux et un lycée d’excellence. Il s’était alors dit « globalement satisfait de l’évolution des travaux », tout en pressant les entreprises d’« accélérer la cadence ».
Accélération des travaux, mais désenclavement en suspens
C’est précisément l’objet de la rencontre du 11 août : des orientations ont été données pour accélérer certains chantiers et préparer les inaugurations à venir. Un exercice classique de mobilisation politique avant un rendez-vous national scruté de près, à un moment où le gouvernement a doublé, dans le projet de loi de finances 2026, l’enveloppe budgétaire consacrée aux fêtes nationales, la faisant passer de 8,6 à 18,6 milliards de F CFA.
Reste que ces investissements, aussi substantiels soient-ils, ne suffiront pas à résoudre l’enclavement routier de la province. Les grands axes dépendant d’Ovan à Makokou, puis Makokou à Okondja, nécessiteront des centaines de kilomètres de route et resteront très largement inachevés après les festivités du 30 août.
L’enjeu, martèle-t-on du côté du Palais, dépasse cependant la seule ville hôte : il s’agit de faire de cet événement un catalyseur de développement durable bénéficiant à l’ensemble du territoire national, et non à la seule capitale. Une formule qui devra, comme chaque année, être mise à l’épreuve des faits une fois les projecteurs éteints.







