Selon son récit, qui n’est pas daté avec précision, l’initiative serait partie des « menaces » qui pesaient alors sur Marc Ona Essangui, qu’il désigne comme son « frère ». Dieudonné Minlama Mintogo dit s’être rapproché du général Samuel Mbaye, alors président du Conseil national de sécurité, avec lequel il affirme avoir entretenu « une excellente relation », afin de solliciter sa protection. L’entretien aurait été tendu, l’auteur évoquant des mots « durs », une colère « vivace » et des perspectives « sombres ».
À l’issue d’« échanges francs et sincères », le général aurait, toujours selon ce témoignage, décidé de « suspendre toutes les menaces » visant l’activiste et accepté de le recevoir. Au cours de cette rencontre, Marc Ona Essangui lui aurait remis le rapport d’enquête de la Préfecture de police de Paris, document qui recensait les propriétés et comptes bancaires attribués à la famille présidentielle.
« Pas au courant » de plusieurs biens
L’épisode le plus saillant du texte concerne l’audience accordée ensuite par Omar Bongo Ondimba. Muni du rapport, le général Mbaye aurait conduit Dieudonné Minlama Mintogo auprès du chef de l’État pour lui en présenter les enjeux. Après examen du document, le président aurait déclaré, d’après l’auteur, ne pas être au courant de l’existence de plusieurs biens qui lui étaient attribués.
Trois décisions auraient été arrêtées au terme de cette audience : assurer la protection de Marc Ona Essangui, laisser la procédure judiciaire suivre son cours et mettre en place une commission indépendante, qui aurait été dirigée par l’activiste lui-même, chargée d’identifier l’ensemble des biens du président, en Europe comme sur d’autres continents. La finalité, affirme Dieudonné Minlama Mintogo, était « claire » : restituer « une bonne partie de ces biens à l’État gabonais ». La maladie puis le décès d’Omar Bongo Ondimba, en juin 2009 à Barcelone, auraient empêché la concrétisation du projet.







