L’information a d’abord été révélée par plusieurs confrères, notamment GabonReview, sur la foi de sources familiales, dont celle de Christian Johnson Ogoula, directeur de cabinet de l’ancien ministre, emprisonné dans la foulée de cette affaire. Selon ces mêmes sources, la remise en liberté de Pascal Ogowé Siffon emporterait celle des autres collaborateurs interpellés dans le cadre du dossier.
«Liberté provisoire conditionnée»
Sollicité, Me Jean Paul Moubembé, qui défend l’ancien membre du gouvernement aux côtés de Me Jules Obiang et Me Herbert Mbovia, a confirmé la mesure en trois mots : «Liberté provisoire conditionnée». L’avocat n’a précisé ni les obligations imposées à son client, ni la suite de la procédure.
Sur le plan juridique, la liberté provisoire ne vaut ni abandon des poursuites ni mise hors de cause. L’information judiciaire suit son cours et l’intéressé demeure mis en cause. Le juge d’instruction estime simplement que la détention préventive ne se justifie plus à ce stade.
Le qualificatif «conditionnée» renverrait aux obligations classiques en pareille circonstance : cautionnement, remise du passeport, interdiction de quitter le territoire, pointage périodique devant l’autorité judiciaire ou interdiction d’entrer en contact avec les autres mis en cause. Tout manquement exposerait le bénéficiaire à une révocation de la mesure et à un retour en détention.
Plus de 10 milliards de francs CFA en cause
Pascal Ogowé Siffon est poursuivi pour détournement de fonds publics portant sur un montant estimé à plus de 10 milliards de francs CFA. Ces fonds auraient été destinés au «rayonnement» de son département ministériel, selon les éléments judiciaires invoqués au plus fort de l’affaire.
Dès son incarcération, sa défense avait dénoncé de graves violations constitutionnelles et procédurales, au premier rang desquelles une atteinte à l’immunité parlementaire de leur client, sénateur nouvellement élu au moment de son arrestation.







