Ils étaient réunis ce lundi 28 septembre devant les locaux du ministère de la Santé, à Libreville. Ce mardi 29 septembre, le collectif des agents en attente de poste budgétaire n’a pas désarmé. Alors que s’ouvrait la commission de suivi des résolutions de la commission tripartite, dont la journée devait être entièrement consacrée à leur situation, les APB ont fait savoir qu’ils maintenaient leur mouvement d’humeur. « Désormais, on ne veut plus de négociation » , confie à Le Confidentiel une agente membre du collectif, qui a requis l’anonymat.
Des chiffres qui interrogent
Au cœur de la colère, une arithmétique que le collectif juge incompréhensible. Selon les éléments transmis à notre rédaction, le ministère de la Santé a retenu en 2026 de 300 postes budgétaires, pour 227 agents régulièrement affectés mais toujours en attente de leur mise en vente. L’enveloppe suffisait donc, sur le papier, à régulariser l’ensemble des APB.
La réalité serait tout autre. « De janvier à septembre, uniquement deux agents ont été mis en solde, et sur les 300 postes budgétaires, il ne reste aujourd’hui que 60 postes » , affirme le collectif dans son message. Autrement dit, près de 240 postes auraient été attribués à d’autres profils que les APB, sans que les intéressés ne sachent selon quels critères. Ces chiffres, avancés par le collectif, n’ont pas pu être vérifiés de manière indépendante à ce stade, et aucun élément ne permet d’établir d’irrégularité dans la répartition de ces postes.
Une résolution tripartite conservée lettre morte
Les agents rappellent qu’une commission tripartite s’est tenue en mai dernier, sur instruction du chef de l’État. Parmi ses résolutions figurait, selon le collectif, la mise en vente de 20 agents par mois à compter de juin. Quatre mois plus tard, le compteur n’aurait quasiment pas bougé. Le collectif accuse sa tutelle de ne pas avoir « daigné taper du poing sur la table » pour faire appliquer ces engagements, propos qui n’engagent que leurs auteurs.
Interrogés lundi par nos confrères de Gabon Media Time , plusieurs porte-paroles ont décrit des agents en poste depuis dix, quinze, voire vingt ans dans les structures sanitaires de Libreville et de l’intérieur du pays, sans jamais avoir perçu de salaire. « Nous exigeons simplement de percevoir nos salaires » , a notamment déclaré Massande Lionel, membre du collectif.
Tout, tout de suite
Face à ce qu’ils considèrent comme une succession de promesses non tenues, les APB ont changé de stratégie. Fini l’échelonnement mensuel accepté en mai. « Tous les APB doivent être mis en solde en même temps » , dès le mois prochain, insiste notre interlocutrice. Une exigence qui, si les chiffres du collectif sont exacts, se heurte désormais à un obstacle mathématique : 60 postes disponibles pour plus de 220 agents.
La commission de suivi, ouverte ce mardi, devra dire si l’administration dispose d’une réponse à cette équation. Dans les hôpitaux et centres de santé du pays, ces agents continuent entre-temps d’assurer leur service. Sans bulletin de paie.







