Dans une tribune consacrée à la situation d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, et dont nous avons eu lecture, Victor Mefe revient sur l’arrestation de l’ancien Premier ministre et figure de l’opposition, intervenue le 15 avril 2026. L’auteur décrit une procédure qui, selon lui, soulève des interrogations sur le respect des libertés publiques et sur la place de la justice dans le débat politique national.
D’après les éléments rapportés dans sa tribune, Alain-Claude Bilie-By-Nze aurait été interpellé à son domicile par des hommes encagoulés qui se seraient ensuite présentés comme des agents de la Direction générale des recherches (DGR). Victor Mefe affirme que l’ancien chef du gouvernement serait resté sans contact avec ses proches durant près de vingt-quatre heures après son arrestation, avant que sa situation ne soit connue.
L’auteur revient également sur les faits à l’origine de la procédure judiciaire. Il évoque une affaire d’« escroquerie et d’abus de confiance » portant sur une somme de cinq millions de francs CFA et remontant à près de vingt ans. Selon son analyse, les éléments rendus publics soulèveraient des interrogations sur la prescription des faits et sur le contexte politique dans lequel la procédure a été engagée. Ces appréciations relèvent de l’analyse de l’auteur de la tribune.
Une affaire devenue politique selon l’auteur
Dans son texte, Victor Mefe estime que la durée de détention de l’ancien Premier ministre donne une dimension particulière au dossier. « Trois mois se seront écoulés », écrit-il, rappelant les inquiétudes exprimées par plusieurs acteurs de la société civile, des juristes et des organisations professionnelles de la justice.
L’auteur mentionne également les préoccupations exprimées par certaines instances internationales concernant la situation des libertés publiques au Gabon. Pour lui, le maintien en détention d’Alain-Claude Bilie-By-Nze ne peut plus être analysé uniquement sous l’angle judiciaire.
« Le pouvoir cherche-t-il seulement à tuer une carrière politique, ou prend-il aussi le risque de détruire l’homme ? », interroge Victor Mefe, qui considère que cette affaire pose désormais une question plus large sur l’équilibre entre justice, politique et démocratie.
Un appel adressé à Paris
Une large partie de la tribune est consacrée au rôle de la France. À quelques jours du déplacement du président Brice Clotaire Oligui Nguema à Paris, Victor Mefe regrette l’absence de réaction publique des autorités françaises sur le dossier.
Selon lui, la diplomatie française doit clarifier sa position, non pas en intervenant dans une procédure judiciaire nationale, mais en rappelant son attachement aux principes liés aux libertés fondamentales et à l’État de droit.
« Les silences de la France sont un langage », écrit-il, estimant que l’absence de prise de position pourrait être interprétée différemment par l’opinion publique gabonaise et africaine.
L’auteur appelle ainsi le président Emmanuel Macron à demander une attention particulière à la situation de l’ancien Premier ministre. « Il ne s’agit pas d’une ingérence dans une procédure judiciaire gabonaise, mais d’une prise de position en faveur des libertés fondamentales », affirme-t-il.
« La France doit choisir », conclut Victor Mefe
Dans sa conclusion, Victor Mefe estime que Paris se trouve face à un choix diplomatique : maintenir une position de réserve ou exprimer publiquement une position sur une affaire qui suscite des débats au Gabon.
« La France doit choisir », écrit-il, considérant qu’un silence prolongé pourrait être interprété comme un soutien implicite à la situation actuelle, tandis qu’une prise de parole permettrait, selon lui, de réaffirmer les principes démocratiques défendus par la diplomatie française.
Cette tribune n’engage que son auteur. Les analyses et affirmations qu’elle contient relèvent de sa seule responsabilité.







