L’information a circulé vendredi dans la soirée à Libreville : Erick Mauro Nguémah, architecte et ancien président de l’Ordre gabonais des architectes (OGA), a été placé sous mandat de dépôt. Il pilotait depuis plusieurs années le chantier de l’esplanade Georges-Damas-Aléka, ce monument du bord de mer censé honorer l’auteur de l’hymne national gabonais, « La Concorde », et dont l’inauguration doit coïncider avec les cérémonies du 17 août, jour de l’indépendance.
À ce stade, ni le parquet ni le ministère de la Justice n’ont communiqué publiquement sur les motifs précis de cette mesure. Selon les informations recueillies, elle s’inscrit dans le prolongement d’une procédure ouverte après l’interpellation de l’architecte, le 27 juillet dernier.
Une première interpellation après une visite présidentielle manquée
Ce jour-là, le président Brice Clotaire Oligui Nguema effectuait une visite d’inspection du chantier. Erick Mauro Nguémah, maître d’œuvre attitré du projet, était absent. Il avait été interpellé dans la foulée et conduit à la Direction générale des recherches (DGR), où il avait passé la nuit pour y être entendu. Des sources proches du dossier avaient alors indiqué que cette audition ne valait pas mise en cause formelle et relevait davantage d’un « besoin d’enquête ». Trois semaines plus tard, le placement sous mandat de dépôt change la donne.
Un chantier scruté depuis des mois
Le projet, évalué entre 6 et 8 milliards de francs CFA sur financement public, accumule les retards depuis près de deux ans. Dès le mois de juin, le chef de l’État avait fixé un ultimatum : une visite finale le 16 août, pour une livraison effective au petit matin du 17. Une note interne à l’Ordre gabonais des architectes, révélée juillet par la presse locale, évoquait de son côté des coupes budgétaires, des délais resserrés et des modifications de chantier non formalisées — de quoi nourrir, selon ses auteurs, une part de responsabilité partagée dans les retards accumulés. L’Ordre n’avait alors ni confirmé ni démenti point par point le contenu de cette note.
Une affaire encore à préciser
Les charges retenues contre Erick Mauro Nguémah n’ont pas été détaillées dans la communication officielle disponible à ce jour. Plusieurs confrères évoquent, sans confirmation judiciaire formelle, des soupçons de mauvaise gestion du marché public lié au chantier. Aucune réaction n’a pour l’heure a été rendue publique ni par l’intérêt, ni par son avocat, ni par l’Ordre gabonais des architectes.






