C’est sur la page Facebook du SAMU social, à travers une vidéo, que le Dr Wenceslas Yaba, Conseiller spécial du Président de la République, Chef de département santé et affaires sociales, et Coordonnateur du SAMU social, a initié l’échange en déclarant sans détour : « La COVID est de retour. » Le conseiller a affirmé que l’épidémie de « grippe » observée depuis environ trois semaines n’était autre que le coronavirus, qu’il a surnommé la « COVID Frankenstein ». Bien qu’il ait précisé que ce variant n’était « pas aussi létal que les autres, mais qui est tout à fait dangereux », le ton était à l’alerte. Le Dr Yaba a étayé ses propos par des données de terrain, citant « une trentaine » voire « une quarantaine » de cas pris en charge par le SAMU social. Il a même évoqué une situation familiale où « 13 personnes qui avaient la COVID en même temps » dans le sud du pays. Malgré cette mise en garde sévère, il a tenu à rassurer sur la capacité de réponse, assurant : « sachez que nous sommes prêts. »
En réaction, le ministère de la Santé a émis un communiqué officiel visant à tempérer l’inquiétude. Le Ministère a rappelé être « conscient des inquiétudes suscitées par certaines informations relayées sur les réseaux sociaux » et a cherché à « rassurer l’ensemble de la population que la situation nationale demeure sous contrôle et ne présente aucun caractère alarmant. » Le communiqué s’appuie sur le système national de surveillance, précisant que de janvier à novembre 2025, 45 594 cas suspects de grippe ont été enregistrés. Sur un échantillon représentatif de 401 personnes testées, les analyses ont révélé 45 cas positifs aux virus de la grippe saisonnière et 17 cas positifs au SARS-CoV-2 (COVID). Sur la base de ces chiffres, le Ministère a conclu que la COVID-19 présente désormais un « caractère endémique » dans le pays et « ne constitue pas une urgence de santé publique. » La communication officielle vise donc à dédramatiser la situation, la rattachant à une gestion sanitaire courante des maladies contagieuses.
La simultanéité de ces déclarations contradictoires soulève de sérieuses questions quant à la coordination de l’information sanitaire au sommet de l’État. Les citoyens se trouvent face à deux messages radicalement opposés : l’un venant d’un proche collaborateur du Président s’exprimant via les réseaux sociaux pour sonner le tocsin, l’autre émanant de l’autorité de santé publique garantissant la maîtrise de la situation. Cette divergence menace d’éroder la confiance dans les institutions et d’entraver les efforts visant à sensibiliser la population à une approche de prudence, qu’il s’agisse de la grippe ou du coronavirus.










