Le texte formalise les orientations du projet de société « Bâtissons l’édifice nouveau » et du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030. Pour 2027, le gouvernement affiche l’ambition de conclure et de mettre en œuvre un programme de réformes économiques avec les partenaires techniques et financiers, afin de stabiliser le cadre macroéconomique et d’améliorer la gestion des finances publiques.
Un pari assumé sur le manganèse
Le budget repose sur une hypothèse de croissance de 4,5 % en 2027, contre 4,0 % attendus cette année. La prévision reste prudente sur le pétrole, avec un baril estimé à 70 dollars, en recul de 12,5 % par rapport à 2026, et une production remontant à 11,30 millions de tonnes.
C’est surtout sur le manganèse que mise le gouvernement. Le prix de vente est projeté à 241,9 dollars la tonne, en hausse de 45 %, pour une production attendue en progression de 8,6 %. Le texte table également sur le démarrage de la production de minerai de fer, avec un volume projeté à 1,5 million de tonnes, nouvelle illustration de la stratégie de diversification minière.
Une dépendance accrue aux marchés financiers
Côté ressources, les recettes de l’État sont évaluées à 3 291,7 milliards de FCFA, dont 1 013,2 milliards de recettes pétrolières et 1 761,2 milliards hors pétrole. Mais l’équilibre repose largement sur la trésorerie et le financement, chiffrés à 2 931,4 milliards, en hausse de près de 680 milliards. L’État prévoit d’y mobiliser 1 144,1 milliards sur le marché financier international, 600 milliards d’appuis budgétaires et 600 milliards sur le marché sous-régional ou intérieur.
Cette architecture se retrouve dans les dépenses. Les charges financières de la dette bondissent à 667,3 milliards de FCFA, en hausse de près de 180 milliards, tandis que les dépenses d’investissement reculent de 110,7 milliards, à 1 058,4 milliards. Les dépenses de personnel restent quasi stables à 963,9 milliards, et les biens et services baissent de près de 82 milliards, une économie attribuée notamment à la fin de baux administratifs avec la mise en service de la Cité Émeraude.
Un tour de vis sur les niches fiscales
Sur le plan fiscal, le projet de loi restreint sensiblement l’octroi d’avantages fiscaux et douaniers, par l’instauration de minima d’imposition, le contrôle de leur cumul et l’évaluation de leurs contreparties. Les clauses de stabilité fiscale feront l’objet d’une révision quinquennale et d’une approbation expresse en loi de finances. Un plancher de TVA de 5 % et un minimum de 25 % de l’imposition de référence sont instaurés pour les régimes concernés.
Parmi les mesures ciblées, le droit d’importation sur le fer à béton fabriqué dans la zone d’investissement spéciale de Nkok est ramené de 10 % à 2 %, afin de soutenir la production nationale et de réduire le coût des matériaux de construction.
Ce budget prospectif s’appuie sur les résultats de l’exécution 2025, également validés par le Conseil sous la forme du projet de loi de règlement. L’exercice écoulé affiche un solde budgétaire excédentaire de 172,8 milliards de FCFA, pour une croissance de 3,2 %, mais la situation nette de l’État ressort déficitaire à 5 953,3 milliards.
Le projet de loi de finances 2027 sera transmis au Parlement pour examen et adoption avant la fin de l’année.







