Depuis la suspension du processus électoral de la Fédération gabonaise de football (FEGAFOOT), prononcée le 13 avril 2026 par le ministre des Sports, l’instance traverse une période de transition dont les contours juridiques restent incertains. C’est précisément la portée des décisions prises durant cet entre-deux que conteste aujourd’hui Darneau Essia Ndong, candidat déclaré à la présidence de la fédération et membre de la Coalition pour le salut du football gabonais.
Durant cet intervalle, l’expédition des affaires courantes reste assurée par le bureau présidé par Pierre-Alain Mounguengui, resté seul candidat en lice après le rejet des autres dossiers par la commission électorale, avant le gel du scrutin.
Pour lui, la logique même de la suspension imposait une administration réduite au minimum. « La décision de suspendre le processus électoral devait, à mon sens, conduire à une gestion strictement conservatoire de la FEGAFOOT », affirme-t-il. Or, poursuit le candidat, « nous devons aujourd’hui nous interroger sur les actes posés par un bureau dont la vocation est précisément de gérer les affaires courantes dans une période de transition ».
Un mandat provisoire face à des engagements de long terme
Le cœur de son argumentaire tient à la nature des engagements souscrits pendant la transition. « Comment un organe appelé à assurer la continuité administrative peut-il prendre des engagements structurants susceptibles de lier durablement la prochaine équipe dirigeante ? », s’interroge-t-il, avant de préciser sa cible : « La question est particulièrement importante lorsqu’il s’agit de la nomination d’un sélectionneur ou d’un manager pour plusieurs années. »
Ces propos interviennent dans un contexte marqué par l’arrivée, officialisée le 15 juillet 2026, du technicien français Sébastien Migné à la tête des Panthères, en remplacement de Thierry Mouyouma. Sans se référer explicitement à cette nomination, Darneau Essia Ndong estime qu’« un mandat provisoire ne devrait pas devenir un mandat de transformation ». « La prudence commande qu’un bureau chargé des affaires courantes évite de prendre des décisions qui préemptent les choix stratégiques de la future équipe élue », plaide-t-il.
Le candidat résume sa position par une image :
Celui qui est chargé de garder la maison ouverte ne devrait pas pouvoir décider seul de la couleur des murs pour les prochaines années.
L’assainissement du cadre légal en question
Au-delà de la gouvernance transitoire, Darneau Essia Ndong revient sur les conditions de sortie de crise. Il rappelle que la mission conjointe de la FIFA et de la CAF, dépêchée à Libreville en avril 2026, s’était conclue par un ultimatum de six mois pour régulariser la situation administrative de la fédération. Ses conclusions exigeaient la mise en conformité des associations membres et l’assainissement du cadre légal avant la tenue de tout nouveau scrutin, désormais attendu au plus tard en décembre 2026.
De ces exigences, le candidat tire une série d’interrogations qui, selon lui, demeurent sans réponse : « Le cadre légal est-il assaini ? Dans quelles conditions se tiendra la prochaine élection ? Avec quelle commission électorale ? Quels statuts seront appliqués ? Quel collège électoral ? »
Autant de questions qui, à ses yeux, conditionnent la crédibilité du futur rendez-vous électoral. Ces propos, qui n’engagent que leur auteur, s’inscrivent dans un débat de gouvernance encore ouvert, aucune instance n’ayant à ce jour tranché la portée juridique des actes contestés.
Le calendrier arrêté avec la FIFA prévoit la tenue de la prochaine élection à la présidence de la FEGAFOOT au plus tard en décembre 2026.







