L’ancien directeur général du Budget, qui avait quitté ses fonctions sur fond de prétendus soupçons de détournements, s’est imposé depuis comme une figure aussi discrète qu’influente. Trésorier de la campagne pour le « Oui » lors du référendum constitutionnel de 2024, puis confirmé à ce poste stratégique au sein du parti présidentiel, l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), Aurélien Mintsa Mi-Nguema, frère cadet du président Brice Clotaire Oligui Nguema, prend désormais la direction de New Delhi.
Dans l’ombre, il est considéré comme l’un des grands architectes de la victoire du « Oui » et du score électoral réalisé par le chef de l’État lors de la présidentielle d’avril dernier dans le Woleu-Ntem. Il aurait aussi grandement contribué à l’hégémonie de l’UDB aux élections législatives et locales en cooptant la majorité des candidatures, tant dans la diaspora que dans le Woleu-Ntem. Dans cette province septentrionale, jadis bastion historique de l’opposition sous Léon Mba, Omar Bongo et Ali Bongo, il est parvenu à éteindre toute contestation, verrouillant ainsi politiquement la région.
Son influence ne se limiterait d’ailleurs pas au septentrion. Dans le gouvernement comme dans la haute administration, de nombreux cadres lui devraient leur ascension, particulièrement durant la première année de la transition. Comme l’avait révélé Africa Intelligence au lendemain de la formation du nouveau gouvernement en janvier dernier, l’entrée de l’actuel ministre de la Justice, Augustin Emane, porterait sa marque ainsi que celle de son autre frère et demi-frère du président, Bibang Bi Nguema.
Cette nomination interroge désormais sur les intentions réelles du pouvoir. S’agit-il d’une sanction déguisée pour l’éloigner des cercles de décision, comme le suggèrent ses détracteurs, ou d’un exil volontaire ? La dernière hypothèse semble la plus plausible. Certains contacts y voient la volonté de l’intéressé de s’extraire d’une influence devenue trop pesante sur sa vie privée en choisissant l’Inde, une destination géographiquement éloignée du tumulte politique et familial de Libreville. Dans tous les cas, le communiqué de la présidence de la République est sans ambage en le nommant ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire.
Une chose reste certaine : le petit frère du président se serait sans doute bien passé de faire une nouvelle fois la une de l’actualité et la boucle des réseaux sociaux.










