Au lendemain de l’inauguration fastueuse du nouveau Palais des Congrès du PDG nouveau, je ne m’attarderai ni sur la démesure de ce déploiement de luxe — insulte à la misère sociale — ni sur les multiples impairs qui ont entaché la cérémonie. Je me contenterai d’un bref regard en arrière.
De la rupture annoncée à la continuité assumée : à quoi a servi le coup d’État ? Le calendrier politique récent dans notre pays semble dessiner une trajectoire où l’ambition annoncée de renouveau se heurte à une réalité plus nuancée, marquée par l’omniprésence d’un appareil politique que l’on nous disait en retrait. Tenez donc !
Novembre 2024 : Lors du référendum constitutionnel, le Parti Démocratique Gabonais (PDG) ne s’est pas contenté d’un ralliement discret. Il s’est ostensiblement positionné en première ligne pour porter la « victoire du Oui », réinvestissant l’espace public avec une agilité déconcertante.
Avril 2025 : La scène se répète avec une sombre ironie lors de la consolidation du pouvoir du CTRI. Le PDG s’illustre à nouveau au premier plan pour la « victoire d’Oligui Nguema ».
Mai 2026 : À l’occasion de l’inauguration du Palais des Congrès, c’est encore cet appareil qui assure la mobilisation, l’Union Démocratique des Bâtisseurs, le parti présidentiel, pourtant majoritaire dans toutes les assemblées, se montrant incapable d’attirer les foules.
Face à cette omniprésence du PDG, une interrogation fondamentale s’impose : à quoi a servi le coup d’État d’août 2023 ?
Si celui-ci devait n’être qu’une mascarade ou un simulacre, il conviendrait d’en tirer toutes les leçons. Comme le rappelait Louis Antoine de Saint-Just, avec une lucidité qui traverse les siècles : « Ceux qui font des révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau. Ce qui constitue une république, c’est la destruction de tout ce qui s’oppose à elle. »







