Ce résultat est présenté comme l’aboutissement de l’audit lancé le 17 juin par le ministre de l’Économie et des Finances, Thierry Minko. Les travaux du comité, précise le ministère, « ont permis d’établir une situation consolidée fiable des engagements financiers de l’État au 31 décembre 2025, conformément au Manuel de statistiques de finances publiques 2014 et au Guide des statistiques de la dette du secteur public du FMI, dans un souci de traçabilité et de transparence ».
Attention au contresens. Cet allègement de plus de 2 175 milliards n’a pas été remboursé en trois mois. L’écart provient d’abord d’un travail de recensement et de consolidation. Des créances ont été recalculées, requalifiées ou écartées du périmètre après vérification. La dette n’a pas fondu, elle a été remise à plat.
Rapporté à la richesse nationale, l’encours correspond, selon le communiqué, « à un ratio indicatif de 68,91 % sur la base d’une première estimation du PIB nominal 2025 à 13 822 milliards de FCFA, issue de l’arrimage aux résultats validés du rebasage de 2022 ». La formule mérite qu’on s’y arrête. Le recul sous le seuil des 70 % ne tient pas seulement à la baisse du montant retenu. Il doit aussi à une réévaluation de la taille de l’économie, adossée à un rebasage qui remonte à 2022. Une partie de l’amélioration relève donc de la manière de mesurer la richesse produite, pas uniquement de l’assainissement des comptes.
Le communiqué s’arrête d’ailleurs au chiffre global. Il ne dit pas quelles créances ont été retirées, ni sur quels fondements. Il ne détaille pas non plus la répartition entre dette extérieure, dette intérieure, factures impayées et autres engagements. Seule la publication du rapport complet permettrait de retracer l’origine de cet allègement et d’en apprécier la robustesse.
L’enjeu de l’exercice était ailleurs. Le document confirme que « le rapport d’audit a été transmis au Fonds Monétaire International », préalable posé de longue date à l’ouverture d’un programme économique et financier. Les marchés n’ont pas attendu le détail : les titres souverains figurent parmi les meilleures performances des dettes émergentes cette année, et la prime de risque exigée par les investisseurs s’est nettement resserrée, signe qu’un scénario de restructuration s’éloigne.
Le ministère referme son communiqué sur une promesse. Le gouvernement, écrit-il, « réaffirme son engagement en faveur de la transparence des finances publiques, de la sincérité de l’information financière et d’une gestion de la dette compatible avec les capacités budgétaires et les contraintes de trésorerie de l’État ».
L’audit livre un chiffre plus net. Il ne dit pas encore l’essentiel : de quoi sont faits ces 9 524 milliards, et selon quel calendrier l’État compte les honorer.







