Ses conseils ont annoncé, lundi 28 juillet 2026, le dépôt d’une plainte « devant Monsieur le Procureur de la République ». Le député de la Nation et ancien directeur général de la Dette, d’octobre 2023 à octobre 2025, entend ainsi répondre aux déclarations publiques tenues par l’ancien contempteur du pouvoir, connu sous le pseudonyme de « Kamitatou ».
Selon le communiqué transmis par la défense du parlementaire, c’est « lors d’une émission diffusée le 26 juillet 2026 sur Gabon Télévision » que M. Okoumba aurait tenu des propositions « comportant des imputations et insinuations visant de manière identifiable » son client, « en laissant entendre qu’il se serait livré à des faits d’enrichissement régulier à l’occasion de ses fonctions publiques ».
Pour ses conseils, ces déclarations, « diffusées sur un média à large audience, sont de nature à porter atteinte à l’honneur et à la considération de l’intérêt ». Elles justifiaient, « en conséquence, l’engagement d’une procédure judiciaire pour diffamation publique, conformément aux dispositions du Code pénal ».
Le texte remplace l’initiative dans « un contexte de forte exposition médiatique et de circulation de commentaires publics relatifs à la gestion des affaires publiques, tant au niveau national qu’à l’international ». Une situation qui, selon la défense, « renforce la nécessité de voir les faits juridiques établis ». Ses conseils y voient une démarche de « clarté, de transparence et de reddition des comptes », destinée à ce que « toute allégation de cette nature soit soumise à l’appréciation de l’autorité judiciaire, seule compétente pour en vérifier le bien-fondé ». Par cette action, ajoute-ils, M. Ntoutoume Ayi entend « faire valoir ses droits dans le strict respect des voies légales et judiciaires ».
Économiste de formation, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi est une figure installée de la scène financière et politique gabonaise. Nommé à la tête de la Direction générale de la Détte au lendemain du changement de régime d’août 2023, il a quitté ce poste en octobre 2025 après son élection comme député du 2ᵉ arrondissement d’Akanda, sous la bannière de l’Union nationale. Réputé pour sa maîtrise des dossiers budgétaires, il s’était illustré en juin dernier à la tribune de l’Assemblée nationale en qualifiant de « catastrophique » la situation des finances publiques, un diagnostic qui avait alors bousculé le récit officiel.
De son côté, Wilfrid Okoumba a longtemps incarné, depuis la France, l’une des voix les plus critiques des autorités gabonaises. Le retour au pays de ce trublion quelques jours seulement avant l’émission en cause, avait été présenté comme un tournant : l’ancien activiste avait dit vouloir tourner la page des divisions, présenté des excuses publiques et affiché son adhésion aux réformes engagées sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema. C’est dans ce contexte de repositionnement que ses déclarations du 26 juillet ont ravivé la controverse.
Ce n’est pas la première fois, ces derniers mois, que le nom du député d’Akanda se retrouve au cœur d’un contentieux mêlant expression publique et justice. Le dépôt d’une plainte ne préjuge cependant en rien de son problème : il revient désormais au parquet d’apprécier les suites à donner à la saisine. À ce stade, aucune décision de justice n’a été rendue, et Wilfrid Okoumba demeure présumé innocent des faits qui lui sont reprochés.
Reste à savoir si le procureur de la République donnera à cette affaire un prolongement judiciaire, ou si la polémique se dénouera sur le terrain politique et médiatique où elle est née. Le communiqué, lui, se veut sans ambiguïté : il « tient lieu d’information officielle ».







