Après des mois de perturbations récurrentes dans l’approvisionnement en eau potable dans plusieurs quartiers du Grand Libreville, le gouvernement a annoncé le lancement d’une opération exceptionnelle baptisée « État d’urgence de l’eau ». Une initiative présentée comme une réponse immédiate à une crise devenue structurelle, dans un contexte de fortes attentes sociales et de réformes annoncées dans le secteur de l’eau et de l’électricité.
L’annonce intervient à la suite de la rencontre tenue au Centre de formation Jean Violas entre le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, le Vice-Président de la République, Alexandre Barro Chambrier, le Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault, le ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, Philippe Tonangoye, ainsi que les agents de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG).
Une réponse d’urgence face à une crise persistante. À l’issue de ces échanges, les autorités ont décidé de faire de l’accès à l’eau potable une priorité immédiate. L’opération est coordonnée par la Vice-Présidence de la République, en liaison avec le ministère de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, avec l’appui des Forces de défense et de sécurité.
Premier dispositif opérationnel : le déploiement de 55 camions-citernes destinés à desservir les quartiers les plus affectés du Grand Libreville, notamment Nzeng-Ayong, Akébé, Glass, Lalala, Bikélé, le centre-ville, ainsi que plusieurs zones d’Akanda et d’Owendo.
Encadrement du coût de distribution
Dans le cadre de cette opération, le gouvernement a fixé le prix de la livraison d’une cuve d’eau à 3 000 francs CFA, contre environ 10 000 francs CFA auparavant. Une mesure qui vise à limiter les dérives tarifaires observées dans un contexte de forte pression sur l’offre.
Des numéros verts seront progressivement mis en service afin de faciliter les demandes des populations selon les zones de desserte.
Transparence et contrôle de l’opération. Les autorités assurent que des mécanismes de contrôle seront mis en place afin de garantir la transparence de la distribution et d’éviter toute forme de spéculation, de favoritisme ou de désorganisation dans la mise en œuvre du dispositif. Les populations sont appelées à collaborer avec les équipes déployées sur le terrain.
Une réponse d’urgence, en attendant une réforme structurelle. Si cette opération vise à apporter un soulagement immédiat aux ménages, elle s’inscrit dans un contexte plus large de réorganisation du secteur de l’eau et de l’électricité, notamment au sein de la SEEG.
Reste désormais à observer si cette stratégie d’urgence permettra de répondre durablement à une crise devenue chronique, ou si elle constituera un simple palliatif en attendant l’impact des réformes structurelles annoncées par les autorités.







