Discrète depuis novembre 2023, l’instruction n’avait jamais fuité. Le Ministère public de Genève planche pourtant, en toute confidentialité, sur un dossier de blanchiment qui porte un nom : celui de Sylvia Bongo Ondimba. En cause, plusieurs millions d’euros — soit plusieurs milliards de francs CFA — déposés dans une banque genevoise. Origine suspectée : les caisses de l’État gabonais.
L’ancienne première dame n’en est pas à son premier front judiciaire. Sortie de la prison centrale de Libreville en mai 2025 pour raisons de santé, elle s’est réfugiée à Londres avec son fils, Noureddin Bongo Valentin. Six mois plus tard, la sentence tombe à Libreville : vingt ans de réclusion criminelle, par contumace, pour détournement de fonds publics, blanchiment, recel et usurpation de titres. En mai 2026, Interpol boucle la boucle avec une notice rouge (Ndlr : les faits liés à Interpol/Londres sont bien documentés par plusieurs médias mais restent des informations de presse, non confirmées officiellement par Interpol elle-même à ce stade). Autrement dit : aucun aéroport, aucune frontière ne sera plus tout à fait anodin pour la famille Bongo.
Reste Genève. Loin des projecteurs de Libreville, l’enquête suisse pourrait s’avérer plus redoutable que les foudres judiciaires gabonaises. Ici, pas de procès par contumace ni de communiqué à charge : des magistrats qui remontent, franc par franc, la trace de l’argent. Et une question qui plane sur la place financière helvétique — habituée du genre — : combien d’autres comptes, combien d’autres noms restent encore à découvrir ?
Au moment de la publication de cet article, les conseils de la famille Bongo, sollicités, n’avaient pas encore donné suite à nos demandes.







