La délégation était conduite par Mohamed Idrissa Farah, Envoyé spécial du Président de la Commission de l’Union africaine pour Madagascar, et Parfait Onanga-Anyanga, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies auprès de l’Union africaine, indique le Palais du bord de mer, source autorisée. La mission visait, selon le communiqué, à « tirer parti de l’expérience gabonaise en matière de conduite d’une transition politique réussie ».
Ce que Libreville a présenté à ses hôtes
Devant les émissaires, le Chef de l’État a exposé ce que le Palais qualifie de « principaux enseignements » de la séquence ouverte en 2023 : « l’inclusivité, le respect du calendrier fixé, l’organisation d’un dialogue national participatif, ainsi que la préservation constante de la paix, de la cohésion sociale et de l’unité nationale ».
Toujours selon la même source, ces principes ont permis l’organisation d’élections « libres, transparentes et crédibles » et consacré « le retour à l’ordre constitutionnel et la restauration des institutions de la République ». Le communiqué évoque également « d’importantes réformes institutionnelles, le renforcement de la transparence électorale et la consolidation de la souveraineté nationale », des chantiers qui auraient « contribué à rétablir la confiance entre les citoyens et les institutions ».
Les représentants de l’Union africaine et des Nations unies ont salué les résultats obtenus, estimant, d’après le Palais, que cette expérience constitue « un label pour les États engagés dans des processus similaires de transformation institutionnelle ».
Dix-neuf mois, du putsch aux urnes
Un rappel des faits s’impose. Engagée au lendemain du coup d’État du 30 août 2023, qui a mis fin à cinquante-cinq ans de règne des Bongo, la transition gabonaise aura duré dix-neuf mois. Elle a été jalonnée par la tenue d’un Dialogue national inclusif en avril 2024, puis par l’adoption d’une nouvelle Constitution par référendum le 16 novembre 2024, instaurant notamment un mandat présidentiel de sept ans renouvelable une fois.
Elle s’est achevée avec l’élection présidentielle du 12 avril 2025, remportée dès le premier tour par Brice Clotaire Oligui Nguema avec 94,85 % des suffrages et un taux de participation de 70,11 %, selon les résultats définitifs proclamés par la Cour constitutionnelle. L’investiture du nouveau Chef de l’État, le 3 mai 2025 à Libreville, a officiellement scellé la fin de la transition et le retour à l’ordre constitutionnel. Les élections législatives et locales organisées à l’automne 2025 ont ensuite parachevé la restauration des institutions de la République. C’est ce parcours, bouclé dans les délais annoncés, que Libreville présente aujourd’hui à ses hôtes comme la matière première du « modèle » gabonais.
Madagascar sur la même feuille de route que le Gabon ?
La Grande Île poursuit sa Refondation sous la conduite du Colonel Michaël Randrianirina. Lors d’un récent séjour à Libreville, ce dernier avait déjà « apprécié les acquis de la transition gabonaise et manifesté sa volonté de s’en inspirer », rappelle le communiqué. Le processus malgache prévoit une réforme constitutionnelle, un dialogue national inclusif et des échéances électorales destinées à consolider le retour à l’ordre constitutionnel. Un canevas proche, point par point, de celui suivi par Libreville entre 2023 et 2025.
Au-delà du cas malgache, cette visite confirme une évolution notable : l’Union africaine et les Nations unies, longtemps cantonnées à la condamnation des ruptures de l’ordre constitutionnel, s’investissent désormais dans l’accompagnement des transitions et le partage d’expériences entre États concernés. Le choix de Libreville comme cadre de ces échanges vaut, en soi, reconnaissance du parcours gabonais par les deux organisations.







