John Dramani Mahama l’attendait au pied de la passerelle. Mardi 28 juillet, à l’aéroport international d’Accra, le président ghanéen a reçu Brice Clotaire Oligui Nguema avec les honneurs militaires : garde d’honneur, revue des troupes, tapis rouge. L’accueil a donné le ton d’une visite que les deux capitales pourraient marquer.
Avant toute discussion, le chef de l’État gabonais s’est arrêté au mémorial Kwame Nkrumah, au sud d’Accra. Gerbe déposée, recueillement devant le mausolée du père de l’indépendance ghanéenne et du panafricanisme. Le geste ne doit rien au hasard : un peu plus d’un an après son élection, Oligui Nguema travaille son image continentale.
Les choses sérieuses se jouent au Jubilee House. Les deux présidents s’y sont entretenus en tête-à-tête avant d’élargir la discussion à leurs délégations. À la sortie, deux mémorandums d’entente, paraphés par les chefs de la diplomatie des deux pays. Le premier ministre s’est réuni en place des consultations politiques régulières entre Libreville et Accra. Le second organise la formation croisée des diplomates gabonais et ghanéens.
Douze secteurs ont été retenus comme prioritaires : commerce, investissement, mines, énergie, agriculture, forêt, pêche, transport, tourisme, éducation, santé, sécurité. La liste est large — trop, diront les sceptiques, pour une relation encore balbutiante. Les deux camps assurent pourtant viser des projets, pas des communiqués.
C’est au dîner d’État que le président gabonais a placé son message le plus offensif. Devant Mahama, il a invité sans détour les investisseurs ghanéens à venir au Gabon. Son argumentaire tient en trois mots : transformation locale des minéraux, diversification, industrialisation. Le cœur de son programme intérieur, vendu à un partenaire ouest-africain.
Mahama a répondu par une promesse : se rendre à Libreville, et pas seul, avec une délégation d’hommes d’affaires. Rendez-vous est pris. La visite s’est référée sur un arbre planté dans le jardin présidentiel, image obligée du genre.
L’escale n’est pas isolée. Quelques jours après une visite d’État en France, Oligui Nguema déploie une diplomatie qui assume la diversification : moins de dépendance à Paris, davantage d’ancrage africain. Le Ghana, économie solide et démocratie stable, coche les cas. Reste ce qu’on ne mesurera pas avant plusieurs mois : combien de ces engagements deviendront des contrats.






