Le décalage se confirme lorsqu’il s’agit d’identifier les entreprises qui incarnent le développement socio-économique du Gabon. Là encore, les groupes industriels dominent la perception : Comilog arrive en tête avec 17,47 % des citations, suivie du FGIS (15,30 %) et de Sobraga (12,64 %). BGFI Bank ne recueille que 6,42 % des réponses. Autrement dit, malgré son poids financier et institutionnel, la banque reste en marge du récit collectif du développement national.
Le groupe bancaire a pourtant développé plusieurs initiatives structurantes, notamment une fondation et la BGFI Business School, créée pour former une nouvelle génération de cadres. Sur le papier, ces dispositifs traduisent une volonté d’investissement dans le capital humain et l’écosystème économique.
Mais dans l’opinion publique, ces initiatives peinent encore à produire un impact visible. Les témoignages recueillis dans le cadre de l’étude décrivent souvent les grandes banques comme des institutions « fermées », « élitistes », parfois même « sectaires ». Une perception nourrie aussi par le sentiment, largement exprimé par de nombreux entrepreneurs, d’un accès difficile au financement et d’un accompagnement encore limité des PME locales.
Pour une banque qui revendique un leadership sous-régional, gagner la confiance passe désormais par plus de lisibilité et de transparence : publication de rapports RSE chiffrés, communication sur le financement de l’économie locale, données sur l’accompagnement des PME ou l’impact social des actions menées.
Car au fond, une banque peut-elle prétendre accompagner le développement d’un pays si une grande partie de ses citoyens ne se reconnaît pas dans son action ?










