Le 30 août 2023 avait une image, celle des militaires annonçant la fin du régime Bongo. Trois ans plus tard, cette image a changé de décor. Le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) a laissé place au retour à l’ordre constitutionnel. Une nouvelle Constitution a été adoptée, une présidentielle organisée et Brice Clotaire Oligui Nguema installé à la tête de l’État.
Pour autant, le « coup de Libération » n’a pas disparu du paysage. Face au Camp de Gaulle, à Libreville, une statue en rappelle désormais la mémoire.
Mais cette année, c’est à Makokou que le pouvoir a choisi de raconter la suite.
De la Libération au développement
La Fête de la Libération change ainsi progressivement de nature. Elle reste la célébration du 30 août 2023, mais elle devient aussi une vitrine de ce que les autorités veulent montrer depuis cette rupture.
En choisissant l’Ogooué-Ivindo, le pouvoir ne déplace pas seulement une cérémonie. Il met en avant une province longtemps confrontée aux difficultés d’accès, aux déficits d’infrastructures et à l’éloignement de Libreville. Les inaugurations et les chantiers programmés autour du 30-Août donnent à la célébration une dimension très concrète.
Le message semble désormais moins tourné vers la seule proclamation du « coup de Libération » que vers son après : qu’a-t-il produit et que veut-on en faire ?
C’est dans cette nouvelle séquence que Brice Clotaire Oligui Nguema prendra la parole. Trois ans après le 30 août 2023, alors que le CTRI appartient à l’histoire de la transition, la Libération cherche désormais son contenu dans la nouvelle République.
À Makokou, le décor pourrait donc en dire autant que le discours : célébrer le 30-Août, mais surtout montrer le Gabon que le pouvoir dit vouloir construire depuis cette date.






