Les faits sont là, et ils méritent désormais des explications. Le directeur général d’AGROPAG avait annoncé une rencontre avec la presse au cours de laquelle, selon le visuel diffusé par la société, « les faits seront présentés », « les documents seront exposés » et « les questions recevront des réponses ». Une promesse de transparence qui prend une résonance particulière au regard des débats qui entourent aujourd’hui l’entreprise.
Puis, changement de programme. La conférence a été reportée, sans nouvelle date communiquée. Dans un dossier où les interrogations s’accumulent, ce report ne pouvait évidemment pas passer inaperçu.
Car difficile de ne pas faire le rapprochement avec la sortie récente du PCA, Raymond Ndong Sima. Depuis sa nomination à la présidence du conseil d’administration d’AGROPAG, l’ancien Premier ministre occupe une position particulièrement exposée dans une société devenue l’un des instruments majeurs de la politique de souveraineté alimentaire du Gabon.
Mais derrière la communication officielle, une autre réalité semble se dessiner : celle d’une gouvernance qui ne paraît pas aussi sereine qu’elle devrait l’être. Le DG d’AGROPAG s’est-il réellement mis à dos une grande partie de son conseil d’administration ? C’est l’une des questions que cette conférence de presse aurait pu permettre d’éclairer. Encore faudrait-il que les principaux intéressés acceptent de sortir des formules générales pour parler des faits, des décisions prises, des désaccords éventuels et des responsabilités de chacun.
Le problème dépasse d’ailleurs la seule relation entre le directeur général et le conseil d’administration. AGROPAG n’est pas une entreprise ordinaire. Depuis l’absorption de la SAEG, elle concentre une partie des ambitions de l’État en matière de production agricole et d’élevage. Elle est appelée à porter une partie de la stratégie gabonaise de souveraineté alimentaire.
Dès lors, les questions qui attendent des réponses ne sont pas seulement celles d’un conseil d’administration ou d’une direction générale. Elles concernent l’argent public, les actifs transférés, les résultats obtenus, la situation financière de l’entreprise, mais aussi la manière dont les décisions sont prises au sein de cette structure stratégique.
C’est précisément ce qui rend le report de cette conférence de presse embarrassant. AGROPAG avait elle-même choisi les mots de la transparence : les faits, les documents, les réponses. Le public attend maintenant de savoir quand ces engagements seront effectivement tenus.
La conférence n’a pas été annulée. Elle a été reportée. Nuance importante. Mais plus le rendez-vous est repoussé, plus les questions prennent de la place.
Et parmi elles, une demeure centrale : que s’est-il réellement passé au sein d’AGROPAG pour que le DG annonce vouloir exposer les faits et les documents, avant que la conférence censée le faire ne soit finalement reportée ?







