Annoncée en exclusivité par le président lui-même le 2 juin dernier sur le plateau de France 24, depuis la Cité de la Démocratie, la visite d’État de Brice Clotaire Oligui Nguema à Paris s’ouvre ce lundi 20 juillet, à l’invitation de son homologue français Emmanuel Macron. Le chef de l’État voyage accompagné de chefs d’entreprise, de responsables politiques et de journalistes, signe que Libreville entend donner à ce déplacement une dimension à la fois économique et diplomatique. Les réunions préparatoires ont été co-présidées par les autorités des deux pays, selon le communiqué diffusé par l’ambassadeur du Gabon en France, Alfred Nguia Banda.
Lundi 20 juillet : accueil aux Invalides, tête-à-tête et dîner d’État
La première journée concentre l’essentiel de la séquence politique. Après l’arrivée du chef de l’État sous escorte, le cérémonial s’ouvre par l’accueil officiel avec honneurs militaires à l’Hôtel national des Invalides, passage obligé des visites d’État. Suit, dans l’après-midi, le tête-à-tête au palais de l’Élysée avec Emmanuel Macron, consacré aux deux dossiers arrêtés par les deux présidences : la transformation locale du manganèse, dont le Gabon est un des principaux producteurs mondiaux, et le renouvellement du partenariat de défense, avec l’avenir du camp De-Gaulle, la base militaire française de Libreville. Sur ce dernier point, Libreville attend que le titre foncier relatif au camp soit transféré à la partie gabonaise, avant que le site ne soit rebaptisé et dédié à la formation des forces de défense et de sécurité gabonaises. C’est à l’issue de cet entretien qu’interviendra la signature des accords bilatéraux, dans le prolongement de ceux conclus à Libreville en novembre dernier lors de la visite d’État du président français, dont les deux dirigeants doivent assurer le suivi, selon le porte-parole de la présidence gabonaise, Théophane Nzame-Nze Biyoghe.
La journée s’achève par le dîner d’État offert au palais de l’Élysée par le couple présidentiel français. L’horaire n’a pas été rendu public, mais ces banquets débutent traditionnellement en début de soirée, autour de 20 heures, après les toasts officiels des deux chefs d’État, exercice codifié où chaque mot est pesé.
Mardi 21 juillet : la séquence mémorielle
La deuxième journée est dédiée à la mémoire. Elle conduit le président gabonais devant la tombe du soldat inconnu, à l’Arc de triomphe, pour un dépôt de gerbe, puis à la forteresse militaire du Mont-Valérien, en banlieue parisienne, haut lieu du souvenir de la Seconde Guerre mondiale où furent fusillés de nombreux résistants, parmi lesquels des combattants africains.
Les audiences politiques et la visite de Notre-Dame
Au-delà de l’Élysée, l’agenda présidentiel comprend des audiences avec plusieurs personnalités françaises, dont le président du Sénat, Gérard Larcher, et le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire. Une rencontre avec le président de la chambre haute constitue un classique des visites d’État, tandis que l’entretien avec l’édile parisien relève davantage de la courtoisie institutionnelle. Le programme culturel prévoit par ailleurs une visite à la cathédrale Notre-Dame de Paris, rouverte au public après sa restauration.
La rencontre avec la diaspora, séquence la plus sensible
Dernier volet du séjour, et non le moindre : le président gabonais rencontrera la diaspora gabonaise en France. La présidence a voulu donner à ce rendez-vous un tour d’ouverture, le porte-parole ayant invité ceux qui ont des positions contradictoires avec la dynamique politique impulsée par le chef de l’État à venir discuter entre Gabonais, à bâtons rompus. L’exercice s’annonce toutefois délicat, une partie de la communauté établie en France ayant fait connaître ses réserves dans un contexte marqué par la coupure des réseaux sociaux depuis le 17 février et la détention, depuis la mi-avril, de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze.
Les horaires précis de chaque séquence n’ont pas été rendus publics par les deux présidences, comme il est d’usage pour les déplacements de chefs d’État, dont le minutage exact demeure confidentiel jusqu’au dernier moment pour des raisons de sécurité. Le séjour s’achèvera mercredi 22 juillet, au terme de soixante-douze heures dont on saura alors si elles auront produit des actes signés ou seulement des images.







