Depuis le déclenchement d’une grève illimitée le 1er octobre 2025, l’AGASA vit au rythme des accusations croisées entre sa direction générale et le Syndicat national des travailleurs de l’Agasa (Synata). Suspensions de directeurs, plaintes, campagnes sur les réseaux sociaux : la crise perdure, malgré la mise en place d’un comité permanent de concertation en novembre dernier et une procédure judiciaire perdue par le Synata devant le tribunal de première instance de Libreville.
Pour notre interlocuteur, l’origine du conflit serait ailleurs. « Tant qu’on ne met pas quelqu’un de leur bande à la tête de l’agence, ils ne vont jamais se satisfaire », déclare-t-il. À l’en croire, le même « procédé » aurait été utilisé contre les prédécesseurs de l’actuel directeur général, Alia Mahéva Bongo Ondimba épouse Maganga-Moussavou, puis Anatole Kabounou Onkoni, resté environ neuf mois en fonction. « C’est eux qui sont à l’origine du départ de Kabounou », affirme-t-il, évoquant un audio circulant en interne. « C’est un fauteuil familial, quoi », résume-t-il.
Des privilèges perdus
D’où viendrait cette hostilité récurrente envers les directeurs généraux successifs ? « Le véritable problème, c’est que les gars ont perdu les privilèges », soutient le cadre. Selon sa version, l’ancienne directrice générale aurait elle-même suggéré la création du syndicat afin de porter la révision des accords d’établissement. Mais la structure aurait ensuite changé d’objectif pour réclamer son départ, poussant l’intéressée à retirer à ses animateurs des postes liés aux inspections. « C’est de là que s’est amplifiée la haine », estime-t-il, avant de saluer le bilan de l’ex-DG : véhicules, laboratoire, délégations provinciales dans chaque province.
Licenciements abusifs ou fins de contrat ?
Le cadre revient ensuite sur le dossier des agents présentés comme « abusivement licenciés ». Selon lui, il s’agirait pour l’essentiel d’anciens stagiaires réintégrés en CDD puis en CDI, qui auraient fait grève alors que leur période d’essai courait encore. « Un CDD, aucune entreprise n’a l’obligation de le conduire à un CDI », argue-t-il. Quant aux accusations de détournement visant le directeur général, il les conteste : les frais de mission incriminés seraient « des montants statutaires », hérités d’accords signés avant l’arrivée du Dr Biyogue Bi Ntougou et validés par le conseil d’administration.
Sur la vente aux enchères des véhicules de l’agence, notre source avance une autre version que celle du syndicat. « Ce sont eux qui ont proposé la vente et ce sont eux-mêmes qui ont acheté ces véhicules-là », assure-t-il, désignant d’anciens conseillers de la direction générale. Ces affirmations n’engagent que leur auteur et n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.
Parole contre parole. D’un côté, un syndicat qui dénonce la gouvernance actuelle et affirme s’appuyer sur des « preuves documentées ». De l’autre, une direction et ses soutiens qui évoquent la résistance d’anciens réseaux internes. Entre les deux, une agence stratégique pour la santé des consommateurs gabonais, fragilisée par un conflit qui s’éternise. Le directeur général dit avoir sollicité plusieurs institutions publiques pour auditer sa gestion.







