Le 30 août, c’est Charles Edgar Mombo qui était monté au créneau. Le porte-parole du gouvernement, par ailleurs ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, avait tranché : l’État « ne devait rien » à Bosch Capital. Le fonds qualifie cette sortie d’« entièrement erronée et inexacte » et maintient sa position : « la question est simple : le Gabon a émis des billets à ordre souverains et ces billets à ordre restent impayés », malgré, dit-il, des relances conservées sans effet.
Sur le fond, le porte-parole du gouvernement avait également affirmé que les documents reçus par Bosch n’étaient pas de véritables billets à ordre, mais des promesses de paiement liées à un différend déjà réglé par l’arbitrage. Le fonds qualifie cette lecture d’« affirmation extraordinaire » et maintient sa propre qualification juridique de la créance.
Une même procédure, deux conférences
Le désaccord porte aussi sur une référence judiciaire. Le ministre avait cité une sentence qu’il attribuait à « la Cour de justice de Londres », rendue le 6 février 2026, qui aurait donné raison à l’État face à la société sud-africaine Paramount Logistics Corporation et lui aurait accordé environ 72 millions de francs CFA de dédommagement — une somme que Libreville dit vouloir recouvrer.
Bosch Capital dément cette présentation : « il n’existe pas, et il n’y a jamais eu, de décision des tribunaux de Londres » de cette nature, affirme le communiqué, qui évoque plutôt une procédure d’arbitrage distincte entre le Gabon et Paramount, « sans aucun lien avec les billets à ordre » selon le fonds. Cette procédure se terminerait non par un jugement sur le fond, mais par une clôture d’instance au titre de l’article 36(2) du règlement d’arbitrage de la CNUDCI — le tribunal ayant, toujours selon Bosch, rejeté au passage la demande gabonaise de faire rejeter purement et simplement la réclamation de Paramount. Les deux camps semblent donc parler de la même procédure, mais n’en donner pas la même lecture ; aucun des deux documents n’a pour l’instant circulé publiquement à Libreville.
Ce que savaient les souscripteurs de l’eurobond
Le communiqué revient enfin sur le calendrier. Fin juillet, le Trésor a levé 519 milliards de francs CFA (920 millions de dollars) sur les marchés internationaux, dépassant de plus d’un cinquième son objectif initial de 423 milliards de francs CFA (750 millions de dollars). Bosch affirme avoir notifié l’État de l’existence de sa créance avant que l’émission ne soit bouclée, et pose la question suivante : « La dette souveraine en cours at-elle a été pleinement et fidèlement communiquée aux investisseurs » à cette occasion ? Le fonds ajoute : « Bosch a impliqué le gouvernement à ce sujet, mais n’a reçu aucune réponse. »
Bosch Capital dit par « demeurer disposé à engager ailleurs un dialogue constructif avec le gouvernement du Gabon » pour résoudre le différend, tout en estimant que si un passif de cette nature n’a pas figuré dans la documentation remise aux souscripteurs de l’eurobond, cela « soulève des questions légitimes quant à l’exhaustivité et à l’exactitude des informations fournies aux investisseurs ».







